Replay du vendredi 18 décembre 2020

L’Affaire Paul Sarthou – Le casse du siècle / épisode n ° 5 : au roman noir

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Décembre 1944 : quatre malfaiteurs dérobent 800 millions de Francs en bijoux à un riche palois dans sa propre villa. Une somme colossale dont il a hérité au décès de son employeur. Voilà comment un modeste employé est soudain devenu l’un des hommes les plus riches de la région. C’était en 1913…

Le bout du chemin pour les quatres cambrioleurs de la villa Nathalie
Le bout du chemin pour les quatres cambrioleurs de la villa Nathalie © Getty - Epics / Contributeur

Paul Sarthou devient soudain richissime. Il commence par s’installer dans la magnifique Villa Nathalie, sur les Allées de Morlàas. Sait-il seulement la valeur de son patrimoine ? L’ex-valet possède plusieurs immeubles ainsi que trois des plus beaux hôtels de la ville, dont le prestigieux Continental. Sarthou collectionne également de nombreux tableaux de maître, mais aussi d’exceptionnelles collections de diamants. L’histoire se répète. Lui aussi s’offre les services de Pedro, un valet de chambre qui devient son amant. Pedro (surnommé Pierrette) boit et parle beaucoup. Un soir, l’homme de compagnie lâche le tuyau à deux bandits espagnols. Les malfaiteurs l’embobinent. Moyennant une commission d’un million de francs, Pedro devient la taupe. Durant le hold-up, il fait mine de ne rien comprendre, incarnant même le rôle de la victime à la perfection. Démasqué, Pedro part à son tour en prison. Au grand dam de Paul Sarthou.

Le procès duspectaculaire hold-up s’ouvre au palais de justice de Pau.

Novembre 1953,  les jurés basques et béarnais tirés au sort doivent décider du sort de trois des braqueurs ainsi que de celui de Pedro, l’indicateur. « Ce n’est pas moi » s’écrie-t-il. S’il a lâché un tuyau aux malfaiteurs, c’est bien malgré lui. Les trois voleurs affirment qu’ils étaient de pâles exécutants aux ordres du chef, Prada Amador. Normal. Il ne pourra plus les démentir. Le Capitaine a été fusillé deux ans plus tard, en Espagne. « Où sont les bijoux ? » demande le Président Pons. Silence sur le banc. Selon les accusés, c’est Amador qui les aurait écoulés auprès de bijoutiers peu scrupuleux. Nul ne saura jamais. Le verdict tombe : quinze années de travaux forcés pour Banon, huit années pour ses deux acolytes. Quant à Pedro la balance, son triste sort émeut la cour. Verdict : trois ans de prison. Certains contes de fée virent hélas parfois au roman noir…