Replay du lundi 30 novembre 2020

L’affaire Valota : Paula Jones / Épisode n°1 : Relaxe

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Nous revenons deux décennies en arrière : il y a 20 ans, l’une des figures politiques du département, le maire palois André Labarrere, se trouvait au cœur de l’actualité judiciaire du moment...

Au tribunal de Pau, André Labarrere retient son souffle...
Au tribunal de Pau, André Labarrere retient son souffle... © Getty - Arterra

Jeudi 23 novembre 2000, le maire palois de l’époque, André Labarrere, retient son souffle. Cet après-midi, le Tribunal Correctionnel de sa ville dira s’il est coupable, ou pas, d’avoir diffamé l’un de ses anciens collaborateurs, un certain William Valota. L’ancien ministre des relations avec le Parlement, ami personnel du président Mitterrand, en a pourtant vu d’autres. Depuis deux ans, l’affaire ressemble à un interminable feuilleton politico-judiciaire qui alimente la Une des gazettes locales et nationales. Tout a commencé au printemps 98 devant le Conseil des Prud’hommes de Pau. Un ancien employé de la Société Béarnaise d’Économie Mixte accuse le Monsieur le maire de l’avoir harcelé sexuellement à son travail, avant qu’il ne le licencie. « Foutaise » rétorque André Labarrere qui préside aux destinées de la cité paloise depuis 1971. L’élu redoute l’effet délétère d’un pareil tintamarre. Il désamorce la bombe en confessant son homosexualité.

La riposte médiatique ne va donc pas tarder

Passé les confidences intimes, le mentor de la vie politique béarnaise sort les gants de boxe. Dans les colonnes du Figaro et sur les ondes de France Bleu Béarn, André Labarrere prend la parole. Avec son franc parler habituel, le maire de Pau accuse William Valota de se livrer à un odieux chantage. A l’écouter, cette sombre histoire de harcèlement sexuel, sur fond de procès aux prud’hommes, a une seule finalité : monnayer le silence du plaignant en contrepartie de la signature d’un gros chèque. Celui que les palois surnomment « notre Dédé » conclut sa contre-attaque par une formule aussi cruelle que sulfureuse : il compare Valota à une « Paula Jones béarnaise » ! Allusion explicite au scandale politique qui agite, à l’époque, les États-Unis d’Amérique où une certaine Paula Jones accuse le président Bill Clinton de l’avoir harcelée sexuellement. La comparaison déclenche une grosse colère de Valota qui s’estime diffamé...