Replay du mercredi 7 avril 2021

Affaire du Docteur Petiot : épisode n°3, bande de voyous

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Il y a 75 ans, en avril 1946, le procès de l’horrible Docteur Petiot passionnait la France entière. Ce médecin parisien est accusé d’avoir assassiné et incinéré 27 victimes dans le four à bois de son domicile. Parmi celles-ci, il y a un homme natif de Bayonne. Que sait-on de lui ?

"Le basque" est à la prison de Fresnes
"Le basque" est à la prison de Fresnes © Getty - Richard Ross

Juin 1940, les troupes Allemandes prennent possession de Paris. Adrien Estebeteguy, alias le basque, croupit derrière les barreaux de la prison de Fresnes. Condamné une fois encore pour ses trafics en tous genres, le jeune bayonnais purge une énième peine d’emprisonnement. Le destin finit par lui sourire. Avec 26 autres détenus, Estebeteguy s’évade de sa cellule. Lui n’a que faire de ce drapeau à croix gammée qui trône au sommet de la Tour EIFFEL. Bien au contraire. Qui dit occupation dit marché noir. Une occasion rêvée pour le jeune malfrat qui se met rapidement au service d’un certain Henri Lafont. Ce collaborateur, à la solde des allemands, met sur pied une solide équipe de voyous baptisée la Carlingue. Le jeune basque intègre donc les rangs de cette association de malfaiteurs qui prend aussitôt ses quartiers rue Lauriston, le siège Parisien de la Gestapo En somme, des experts du crime au service de l’ennemi…

La bande de voyous n’oublie pourtant pas de se garnir les poches au passage

Au passage, Adrien le Basque et ses acolytes oublient rarement de se servir. De l’infiltration des réseaux de résistants livrés à l’ennemi allemand moyennant rémunération, aux pillages d’œuvres d’art appartenant à des parisiens de confession juive, en passant par le vol de devises d’or et de meubles de valeur, Paris en guerre devient un inépuisable et stimulant terrain de chasse pour le jeune basque. Avec le gage de l’impunité en prime, puisque la Gestapo ferme les yeux en rétribution des services rendus. Son fait de gloire, Adrien Estebeteguy croit le trouver dans le Sud-Ouest de la France. Tandis que l’Armée Allemande recherche l’un des chefs de la Résistance, le jeune Basque finit par le localiser près de Toulouse où il l’arrête, manu militari, puis le livre à la Gestapo, pieds et mains liés, dans le coffre de sa Traction. A force de coups tordus, Estebeteguy se dit qu’il est temps de changer d’air. Par crainte de représailles…