Replay du jeudi 8 avril 2021

Affaire du Docteur Petiot : épisode n°4, le grand départ

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Au printemps 1946, le procès du Dr Petiot passionne les foules. Selon les juges, ce médecin parisien est accusé d’avoir incinéré 27 de ses victimes à son domicile. Parmi ces disparus, il y a un bayonnais : Adrien Estebeteguy. Un voyou pressé de quitter la France. Comment a t-il connu le Dr Petiot ?

Le basque a été empoisonné !
Le basque a été empoisonné ! © Getty - Jeffrey Hamilton

Au coin d’un comptoir de café, Adrien le Basque apprend qu’il existe un moyen fort simple pour se faire oublier. Un médecin parisien, un certain Dr Eugene, organiserait discrètement le départ de ceux qui rêvent de rejoindre les Amériques. Parmi les destinations proposées, l’une d’elles intéresse le jeune bayonnais : Buenos-Aires. Comme beaucoup d’autres basques. Ça tombe bien. Adrien parle couramment l’espagnol. Banco pour l’Argentine ! Une nuit de mars 1943, le quadragénaire se rend discrètement dans le quartier de l’Arc de Triomphe. Il sonne à la porte du 21 rue Le Sueur. Quelques instants plus tard, l’élégant médecin, vêtu d’une robe de chambre, lui ouvre. Rapide coup d’œil. Personne d’autre dans la rue. Estebeteguy annonce qu’il veut passer en Argentine. Et le plus tôt serait le mieux. Marcel Petiot, alias Dr Eugene, dévisage ce jeune visiteur à la voix saccadée. Rendez-vous est pris trois jours plus tard, pour le grand départ…

Le jeune homme boucle rapidement ses bagages afin de partir loin d’ici

La rue Le Sueur est calme. Adrien se présente comme convenu. Il tient, dans sa main droite, une imposante valise contenant ses futurs faux-papiers mais aussi, le butin de ses sinistres exactions délinquantes : de l’or, des montres, des bijoux, du cash… Tout ce qu’il lui faudra, croit-il, pour se refaire la cerise au soleil de la capitale argentine. Petiot installe son jeune visiteur dans le salon cossu de son hôtel particulier. En attendant l’arrivée du passeur, il lui propose une boisson. Adrien refuse. Plus tôt il partira, mieux ce sera. Mais avant, il y a un détail à régler. Il lui faut faire le fameux vaccin. L’injection sans laquelle les services de l’Immigration refuseront au jeune basque l’entrée sur le sol Argentin. Bon gré, mal gré, Estebeteguy tend son bras. Il ignore qu’à cet instant, le médecin lui injecte un poison mortel. On sonne à la porte. « C’est le passeur !». Par précaution, Petiot installe son visiteur dans une pièce attenante. « Je reviens » lui dit-il…