Replay du lundi 11 mai 2020

La Mort du Pêcheur / Épisode n°1 : Poissons d’Avril (Affaire Jean-Claude Aviron)

Avril 1995, un pêcheur béarnais est assassiné sur les berges du gave d’Aspe... Les gendarmes explorent toute une série de pistes. Hélas, l’enquête piétine. Qui a bien pu tuer cet homme sans histoire ?

Le pêcheur est loin de se douter que ce sera sa dernière "partie"...
Le pêcheur est loin de se douter que ce sera sa dernière "partie"... © Getty

Il est 5h30 du matin. Dans le petit village de Momas, à une vingtaine de kilomètres au nord de Pau, la maison de Jean-Claude Aviron s’éveille de bonne heure ce samedi 1er avril 1995. Cette date, l’artisan-carreleur, âgé de 59 printemps, ne l’aurait manquée pour rien au monde. L’évènement du jour, c’est l’ouverture de la nouvelle saison de pêche ! Comme plusieurs centaines de passionnés en Béarn et au Pays Basque, le jovial quinquagénaire a préparé canne, asticots et glacière pour être à l’avant-poste, dès 7h30 du matin. Avec James, le fils aîné de son épouse, ils avalent rapidement un café noir. A la radio, les journalistes commentent à volonté le match Chirac-Jospin qui se profile, dans trois semaines, à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle. Peu importe pour les deux hommes qui se pressent. Jean-Claude fait chauffer le moteur de sa Renault 21 Nevada. Comme chaque année, les voilà partis en direction de la vallée d’Aspe. 

Les deux hommes prennent la route d’un coin de verdure qui leur est aussi cher que familier.

Une heure plus tard, les deux pêcheurs arrivent aux portes de ce magnifique site de montagne. Ils font une halte dans le village de Lurbe-Saint-Christau. C’est là que James patientera, ce matin, canne à la main. Les deux hommes vont maintenant se séparer. Fidèle à ses habitudes, Jean-Claude ira taquiner la truite quelques kilomètres plus loin, dans le village d’Escot. Promis, il sera de retour pour midi, les deux hommes ayant prévu de déjeuner avec un couple d’amis. Sans tarder, la Renault Nevada gris clair démarre. Ce coin de montagne, l’artisan de Momas le connaît comme le fond de sa poche. A Escot, le Gave d’Aspe ressemble à un gros torrent. La population de truites y réserve souvent de belles surprises aux pêcheurs réguliers. A l’heure prévue, Jean-Claude est fin prêt. Reste maintenant à attendre… Les heures passent. A Lurbe-Saint-Christau, l’église du village sonne douze fois. Bizarrement, Jean-Claude se fait attendre…