Replay du vendredi 25 juin 2021

Le crime d’Andoins : le légionnaire est de retour, épisode n°5 au trou

En juin 1959. Jeanne, une octogénaire, est découverte étranglée dans la grange de sa ferme. Les gendarmes interpellent le meurtrier présumé. C’est Alexandre, un ex-légionnaire. Errant dans la campagne béarnaise sans un sou, il aurait squatté la grange de sa future victime. Quel récit livre t-il ?

Le légionnaire est condamné !
Le légionnaire est condamné ! © Radio France - Axelle Labbé

Alexandre détaille ces minutes fatales : réveillé au chant du coq, il a scruté les abords de la ferme depuis la grange située en face. L’intrus aperçoit une vieille dame sortant de l’habitation, chapeau sur la tête. Sur ce point, il dit vrai : c’est la colocataire, Marie-Thérèse, qui se rendait à la messe du matin. L’ex-légionnaire imaginait-il que l’habitation était vide et qu’il pouvait maintenant la cambrioler ? C’est probable. Un imprévu se produit : Alexandre est encore allongé sur la paille qu’il tombe soudain nez à nez avec Jeanne, la propriétaire des lieux. L’octogénaire se pointe dans le fenil. Alertée par un bruit anormal, la vieille dame béarnaise vient de grimper, à pas de chat, l’antique échelle en bois accrochée à la lucarne. Stupeur pour Jeanne Mure-Coustet qui ne s’attendait pas à trouver pareil intrus dans son fenil ! Que se sont-ils dit ? On l’ignore. L’ex légionnaire raconte que la dame a crié et que pour la faire taire, il a dû la frapper, puis l’étrangler.

Quel récit le suspect livre-t-il ?

Fin de l’audition. Le meurtrier présumé vient de signer ses aveux. Inculpé de vol et assassinat, il retourne aussitôt en prison, rue Bourbaki à Pau. Dans le village, l’arrestation du tueur sème le soulagement et la consternation. Pourquoi diable s’en prendre à cette petite mamie qui ne lui demandait rien ? Un an avant le début des célèbres années 60, le sentiment d’insécurité surgit soudain dans les campagnes. L’enquête ira vite car l’affaire est simple. Six mois plus tard, Alexandre le légionnaire prend place, béret vissé sur le crâne, dans le box des accusés à la Cour d’Assises. L’homme plaide coupable. Sorti de tôle sans un sou en poche, il est revenu à Andoins, ce village où deux années durant, il avait vaillamment bossé au service de la ferme des Teule. Voleur, il l’est. Mais l’ex soldat jure qu’il a tué Jeanne dans un instant de panique. Peut-être. Mais il l’a tuée ! Pour ce crime sauvage, le légionnaire purgera vingt ans de prison !