Replay du lundi 21 juin 2021

Le crime d’Andoins : le légionnaire est de retour, épisode n°1 deux mamies

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Voici un crime qui agita le village d'Andoins, à l’est de Pau, en juin 1959. Un matin, Jeanne, une mamie aux 82 printemps, est découverte étranglée dans le fenil de sa grange. Au village, c’est la stupeur. Les gendarmes enquêtent : est-ce le crime d’un proche ? Cachait-elle des secrets de famille ?

Image d'illustration d'une ferme
Image d'illustration d'une ferme © Getty - Atlantide Phototravel

Jeanne habite une modeste ferme héritée de ses parents, sur les vallons boisés et sauvages du village d'Andoins. Âgée de 82 ans, cette cuisinière retraitée a vu le jour en 1877, lorsque la capitale béarnaise voisine vivait les grandes heures de l’épopée anglaise. Veuve depuis bien longtemps, Jeanne Mure-Coustet a appris à vivre seule. Mais l’âge aidant, sa fille installée à Pau a fini par la convaincre qu’il serait plus prudent de partager son toit avec une personne de compagnie, au cas où il lui arriverait quelque chose. Affaire entendue. Voilà comment Marie-Thérèse, une ancienne religieuse du couvent d'Igon, octogénaire elle aussi, a pris ses quartiers dans cette demeure béarnaise située à l’écart du village. La vie des deux dames obéit à un rythme immuable. Levées au chant du coq, elles avalent un bol de lait, quelques tranches de pain et un bout de fromage du pays avant de vaquer, chacune séparément, à leurs occupations.

L’affaire débute un matin printanier de juin 1959

Ce vendredi 5 juin 1959, comme chaque jour que Dieu fait, Marie-Thérèse a franchi le portail de la ferme à 7h du matin pour se rendre à pied à l’église du village où elle assiste à l’office quotidien. A son retour, une heure trente plus tard, l’ex religieuse s’étonne d’un détail. La porte de la cuisine est fermée à double tour. Bizarre. Marie-Thérèse passe machinalement la main sur le rebord de la fenêtre. C’est là en effet que sa logeuse a pour habitude de cacher la clef lorsqu’elle s’absente. Or, la clef n’y est pas. Étonnant. Jeanne n’avait prévu aucune sortie ce matin. Inquiète, Marie-Thérèse part demander de l’aide au voisin le plus proche. Sur son chemin, elle croise Louis, un cultivateur qui accepte de l’accompagner. L’homme, coiffé de son béret, inspecte les alentours. La ferme semble vide. La fenêtre de la chambre donnant sur l’arrière est ouverte. Un désordre indescriptible règne à l’intérieur : le lit a été retourné. La commode et l’armoire ont été vidées…