Replay du mercredi 24 juin 2020

Le passeur / Épisode n°3 : L’exécution (Affaire Gustave Del Estal)

Peu après l’armistice du 8 mai 1945, la police enquête sur d’anciens collaborateurs de l’occupant allemand. Deux ans auparavant, une page sombre s’est écrite entre Hendaye et Oloron-Sainte-Marie...

Procès de collabos, 1945.
Procès de collabos, 1945. © Getty - Fred Ramage

Au printemps 1943, le département des Basses-Pyrénées est aux mains de l’ennemi Allemand. Le poste frontière d’Hendaye est surveillé de si près qu’il est périlleux de l’emprunter pour rejoindre le royaume d’Espagne. Qu’à cela ne tienne : la ville d’Oloron devient LE point de passage des patriotes en route pour Londres ou l’Afrique du Nord. Discrètement, passeurs et évadés se donnent régulièrement rendez-vous dans deux établissements de la capitale du Haut-Béarn : le Café Cabane, situé place Saint-Pierre, et surtout l’hôtel Loustalot tenu par la famille Larrascq. C’est là que Gustave Del Estal devient, peu à peu, un passeur attitré des réseaux de la Résistance. Le 18 Juillet 1943, un convoi de six officiers quitte Toulouse en direction d’Oloron. Munis de faux papiers et de pesetas, ils ont rendez-vous à l’hôtel où leur contact les rejoindra. Mais, l’opération ne se déroule pas comme prévu. Le passeur habituel a fait faux bond. 

Que se passe-t-il alors ?

Ce soir, l’homme de corvée, c’est Gustave Del Estal. Selon un mode bien réglé, il vient à la rencontre du Lieutenant D’Almoncourt et de ses hommes. Comment être sûr que cet inconnu appartient bien au réseau Maurice ? Tout a été prévu. En gage de sécurité, le passeur remet au chef de groupe un billet de 5 francs dont le numéro est connu de l’Organisation. Une fois le convoi passé en Espagne, le passeur remettra ce billet au cerveau de l’opération basé à Toulouse. Il est minuit. Del Estal prend la tête du convoi qui se met discrètement en ordre de marche. Une heure plus tard, c’est la tuile : une rafale de mitraillettes éclate au milieu d’aboiements de chiens. Planquée en embuscade, la Gestapo encercle les six résistants. Le Capitaine Jeanpierre tente de s’enfuir. Il est exécuté d’une balle en pleine poitrine. Ses cinq camarades sont arrêtés sur le champ, main sur la tête. Bizarrement, le passeur est relâché. Il est la taupe qui a vendu la mèche...