Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

La gare de Canfranc...
La gare de Canfranc... © Getty

Le Titanic des Montagnes / Épisode n°4 : Le Titanic des Montagnes (Affaire du drame de l’Estanguet)

Diffusion du jeudi 2 janvier 2020 Durée : 2min

Le 27 mars 1970, un train reliant la gare de Pau à Canfranc déraillait près d’Accous. Les deux machinistes de la SNCF ont échappé de peu à la mort. Mais ce drame ferroviaire a sonné le glas du rail dans cette partie des Pyrénées. Aujourd’hui encore, chacun s’en souvient…

Un demi-siècle plus tard, le drame du pont de l’Estanguet demeure gravé dans toutes les mémoires pyrénéennes. L’accident ferroviaire du train de marchandises reliant Pau à Canfranc a sonné le glas de la ligne ferroviaire internationale inaugurée, un demi-siècle plus tôt, en 1928. Et pourtant, l’idée de relier la France à l’Espagne remontait à bien plus loin ! Dès 1853, plusieurs sociétés commerciales, installées dans la province de l’Aragon, projettent d’intensifier les échanges avec leurs voisins oloronais. Mais, en hiver, les abondantes chutes de neige sont un obstacle de taille. En 1885, la France s’intéresse enfin au projet. Les deux pays frontaliers passent un premier accord visant à construire une ligne de chemin de fer transpyrénéenne. Deux décennies plus tard, en 1904, la France et l’Espagne signent enfin le traité international qui lance la ligne ferroviaire, le tunnel, et la gare. Les travaux débutent en 1908.

Construire une gare internationale au milieu des montagnes est longtemps demeuré à l’état de projet. Côté français, on manque d’espace pour la réaliser. Côté espagnol, les autorités pressent le pas, tellement elles sont désireuses d’exporter, par ici, leur production minière et céréalière. L’idée naît alors d’aménager une gigantesque esplanade dans le village aragonais de Canfranc, à 1.195 mètres d’altitude. Une gigantesque course d’obstacles commence. Les français entament le percement des huit kilomètres de voie tandis que leurs voisins défrichent à tout va. Il leur faut protéger le site contre les inondations, les torrents et les avalanches. Malgré les avatars de la première guerre mondiale, l’impressionnante gare, construite en béton armé et recouverte d’ardoise, sort enfin de terre. Son architecte affirme même qu’elle sera « plus grande que le Titanic » ! Funeste comparaison... Le 18 juillet 1928, l’heure de l’inauguration a enfin sonné…