Replay du vendredi 3 janvier 2020

Le Titanic des Montagnes / Épisode n°5 : Le Phénix attend… (Affaire du drame de l’Estanguet)

Cet accident survenu le 27 mars 1970 marquait la fin de la majestueuse gare internationale installée sur les sommets de la province Aragonaise… Tout avait pourtant admirablement commencé, 40 ans plus tôt, lors d’une inauguration mémorable…

L'histoire incroyable de la gare de Canfranc...
L'histoire incroyable de la gare de Canfranc... © Getty

Mercredi 18 juillet 1928, la foule envahit le petit village Aragonais de Canfranc pour assister à l’évènement. Le roi espagnol Alphonse XIII et le président français Gaston Doumergue inaugurent, en grande pompe, la ligne Transpyrénéenne et la gare. Tous admirent ce chef d’œuvre à l’architecture moderniste et semblable aux grandes constructions de l’époque. Une fois l’euphorie retombée, le train Transpyrénéen prend son envol. Côté espagnol, la rutilante gare de Canfranc joue de malchance. En 1931, un gigantesque incendie occasionne d’importants dégâts. Qu’importe ! Le gouvernement la reconstruit à l’identique. Les évènements politiques et économiques de l’époque jouent de malchance : la crise économique mondiale éclate en 1929 tandis qu’en 1936, la guerre civile frappe l'Espagne. L’armée prend le contrôle de la gare et le tunnel est fermé par un mur de pierres, afin d’empêcher toute fuite vers la France. 

Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, la gare internationale de Canfranc devient un site stratégique. Dès juin 1940, l’occupant allemand a bouclé la gare d’Irun. Les forces alliées profitent alors de cette brèche, en Aragon, pour faire passer les agents secrets œuvrant au service de sa Majesté, le roi d’Angleterre. La Résistance française n’est pas en reste. Elle l’utilise pour exfiltrer ainsi quantité de juifs et d’opposants au gouvernement de Vichy. La gare frontière est également le théâtre d’un juteux trafic. Les nazis acheminent plusieurs tonnes d’or qu’ils négocient avec le régime de l’espagnol Franco et du portugais Salazar en contrepartie de l’achat de fer et de tungstène dont Hitler a besoin pour armer ses troupes. A la Libération, le trafic ferroviaire reprend son "train-train". Jusqu’à ce maudit matin glacial du printemps 1970. Depuis, la belle endormie de Canfranc attend qu’un jour, le Phénix renaisse de ses cendres…