Replay du mardi 18 février 2020

Le Traître aux Gants Blancs / Épisode n°2 : le Nabab Biarrot (Affaire Bolo Pacha)

Au cœur de cette affaire classée, il y a un certain Paul Bolo, un dandy Biarrot, qui excelle dans l’art des combines et du mensonge. Ce curieux personnage est devenu richissime en épousant une jeune veuve éplorée sur la côte basque...

Bolo Pacha, illustration d'époque
Bolo Pacha, illustration d'époque © Getty - Jean-Louis Forain

Un an après le décès de Ferdinand Muller, sa jeune veuve, couverte d’or et de rentes, s’unit en mariage avec Paul Bolo le 15 mai 1905. L’ancienne chanteuse de cabarets commet l’imprudence de lui signer une procuration sur sa fortune qu’il va gérer en toute liberté… Bolo devient riche comme un nabab. Le couple rénove à grands frais la Villa Velleda, face au phare de Biarritz. Il s’installe, le reste de l’année, dans un élégant domicile Parisien, près du Parc Monceau, où de somptueuses réceptions attirent le gratin politique et mondain de la capitale. Bolo, l’affairiste sans scrupules, cherche également une respectabilité : le voilà fondateur de la Croix Blanche à Genève puis président de la Confédération Agricole… Son entregent et sa faconde séduisent les milieux politiques de la capitale. En 1908, Bolo est nommé conseiller du commerce extérieur entre le Venezuela et la France. De nouvelles casseroles le guettent…

De quoi s’agit-il exactement ?

Le gouvernement Français confie une mission officielle à Bolo : moyennant une généreuse enveloppe, il devra aider la police à localiser l’ex-président Vénézuélien en exil qui se cacherait à Paris. Bolo accepte la mission et empoche la prime. Sauf qu’au moment où la police s’apprête à interpeller l’ex-président Castro, Bolo l’aide à s’échapper… Colère du ministre de l’intérieur contre cette fripouille qui part se réfugier en Égypte. Là, il devient le conseiller financier du Vice-Roi Hilmi qui lui décerne le titre de Pacha en récompense. Le 2 août 1914, la France entre en guerre ! Bolo rentre au pays. Certains de ses créanciers ne l’ont pas oublié. Un certain Loubet, habitant Oloron, lui réclame le remboursement d’un prêt de 500.000 francs. Une somme qui, selon Bolo, devait servir à fonder une banque d’État, à Cuba. Mensonges, encore. La France est en guerre. Bolo compte bien en profiter en faisant de juteuses affaires...