Replay du vendredi 21 février 2020

Le Traître aux Gants Blancs / Épisode n°5 : Mort au traître ! (Affaire Bolo Pacha)

En février 1918, la France en état de guerre se passionne pour une affaire d’espionnage. Paul Bolo est suspecté de trahir la France en réalisant des affaires financières avec l’Allemagne. C’est peu dire qu’au sommet de l’État, Bolo agace...

La Villa Velleda
La Villa Velleda

L’affairisme de Paul Bolo agace en haut lieu. Le président du conseil, Georges Clemenceau, ordonne l’ouverture d’une enquête. Une année durant, les services secrets épluchent sa vie au détail près. Bolo commet un faux pas. Une banale opération bancaire met les services secrets sur la piste d’un mystérieux compte ouvert, à son nom, à New-York. Un agent spécial saute dans le premier avion. Il décroche le Graal : une somme de 1.700.000 dollars, soit 10 millions de francs, vient d’être versée sur un compte ouvert au nom de Bolo et son épouse, à la royal bank of Canada à New-York. Qui est donc le généreux donateur ? La banque d’Allemagne, l’ennemi juré de Paris ! La boucle est bouclée. Septembre 1917, Bolo est arrêté et envoyé à la Prison de Fresnes. Les autorités militaires l’inculpent du crime d’intelligence avec l’ennemi. En temps de guerre, s’il est jugé coupable, l’accusé risque le peloton d’exécution.

En février 1918, le procès de Paul Bolo s’ouvre au palais de justice de Paris !

Le procès de Paul Bolo s’ouvre quelques mois à peine après celui de la célèbre espionne Mata-Hari. Comme elle, il est condamné à mort. A l’unanimité de ses juges. Son crime ? Avoir encaissé de l’argent versé par l’ennemi juré de la France pour racheter d’importants journaux français et, ainsi, manipuler l’opinion publique en faveur de la paix. Bolo se dit innocent. Il a, certes, empoché de l’argent des boches mais, à l’entendre, c’était une arnaque. A Biarritz, certains affirment l’avoir vu lancer des signaux lumineux, depuis sa villa, aux sous-marins allemands qui patrouillaient au large. Mythe ou réalité ? Nul ne saura. Le 17 avril 1918 au matin, Bolo est réveillé pour être conduit au Fort de Vincennes. Fidèle à lui-même, le dandy s’habille élégamment et enfile ses gants blancs, en signe d’innocence. Douze détonations éclatent. Ainsi s’éteint le funambule du mensonge. La Villa Velleda, elle, a résisté au temps et au scandale...