Replay du lundi 16 novembre 2020

L'affaire du Rainbow Warrior : Madame X… / Épisode n°1 Espion, réveille-toi !

- Mis à jour le

Juillet 1985 à Auckland, en Nouvelle Zélande, deux espions français sont suspectés d’avoir coulé à l’explosif le bateau de l’organisation Greenpeace. L’occasion de revenir au cœur de ce scandale d'État dont l’un des protagonistes vit aujourd’hui dans notre département…

Le Rainbow Warrior, en mauvaise posture dans la baie d'Auckland (N-Z)
Le Rainbow Warrior, en mauvaise posture dans la baie d'Auckland (N-Z) © Getty - Patrick Rivière

Un beau matin de juillet 2017, les lecteurs du quotidien La République des Pyrénées découvrent un article sacrément inhabituel. Le journaliste Sébastien Lamarque révèle que l’un des personnages clefs de la célèbre affaire du Rainbow Warrior coule des jours heureux dans un petit village du Haut-Béarn, quelque part entre Oloron et Pau. L’héroïne du jour est âgée de 66 ans. Elle se prénomme Christine. Retraitée des Armées, elle a tiré un trait sur une longue carrière au sein des services d’espionnage et du renseignement français. Depuis plusieurs semaines, un journaliste néo-zélandais a retrouvé la trace de Madame le Colonel. Il tente de l’interviewer. Refus poli de celle qui a érigé la discrétion en art de vivre. La presse béarnaise s’en mêle. Et là, surprise : pour la première fois, l’ancienne femme de l’ombre lève discrètement une part du voile sur ce qui fut l’un des retentissants scandales du premier septennat de François Mitterrand.

Comment cette affaire a-t-elle débuté ?

Il est 23h50, ce 10 juillet 1985. Le chalutier de l’ONG Greenpeace est éventré par l’explosion de deux mines magnétiques dans la baie d’Auckland, en Nouvelle Zélande. L’attentat fera une victime : Fernando Pereira, un photographe d’origine portugaise âgé de 36 ans, meurt noyé alors qu’il tentait de récupérer son matériel de travail. La police locale ne tarde pas à recueillir de précieux témoignages grâce auxquels elle interpelle, 48h plus tard, un couple de touristes porteurs de passeports suisses, les époux Turenge. Elle se déclare enseignante à Paris, lui se dit directeur de société. Vérification faite, leurs passeports sont des faux grossiers. L’enquête démontre bien vite que les faux époux Turenge sont en réalité deux militaires français œuvrant au sein des services secrets. Au cœur de l’été 85, l’affaire vire au scandale d’État. Le gouvernement Français est officiellement accusé d’avoir monté un attentat contre un pays ami...