Replay du jeudi 28 mai 2020

Mise en Scène ? / Épisode n°4 : Le temps des doutes (Affaire Jean Eschbach)

Il y a dix ans, un hôtelier habitant Navarrenx disparaissait subitement. Ses proches sont convaincus qu’il a disparu aux environs de Bayonne. L’affaire tourne au feuilleton à suspense… Au fur à mesure que les jours passent, les rumeurs les plus folles commencent à circuler…

La réponse se trouve-t-elle dans les comptes de l'hôtel ?
La réponse se trouve-t-elle dans les comptes de l'hôtel ? © Getty

Jeudi 25 mars 2010, voilà vingt jours que l’hôtelier de Navarrenx n’a plus donné signe de vie. Dans la cité des remparts, l’affaire Eschbach alimente toutes les conversations. Lassés par ces rumeurs incessantes, Christine et Patrick Noël, ses deux associés, finissent par prendre la parole dans les colonnes de la République des Pyrénées. Le couple de restaurateurs n’y va pas par quatre chemins. Ils sont convaincus que Jean Eschbach a bluffé tout le monde ! Ils se disent certains que « leur associé est vivant, qu’il se cache quelque part, et qu’il ne reviendra plus ». Y aurait-il une histoire de gros sous là derrière ? Le jeune couple affirme que la trésorerie de l’Hôtel du Commerce est saine. Du moins pour ce qu’ils en savent... La comptabilité, c’était l’affaire de Jean. Les deux restaurateurs redoutent de tout perdre : les travaux réalisés l’an dernier génèrent des charges énormes. Si l’hôtel ferme, les banques feront exécuter leurs engagements de caution.

Les enquêteurs se penchent donc sur les comptes de l’Hôtel du Commerce.

Les comptes de l’hôtel, que révèlent-ils ? En épluchant les pièces, les gendarmes découvrent que la rénovation de l’établissement, l’an passé, devait coûter 1 million d’euros Au final, les prévisions initiales ont été allègrement dépassées : entre 400 et 500.000 euros de plus ! Certains artisans s’impatientent et menacent d’assigner en justice. Conclusion des enquêteurs : la trésorerie est tendue mais pas désespérée. Rien en tout cas qui justifie que l’énergique hôtelier n’attente à ses jours. Ces derniers temps, Jean Eschbach ne donnait pas l’image d’un homme déprimé ou inquiet. « C’est un battant, il assume. Pas le genre à se défiler ». Le disparu n’a d’ailleurs laissé aucun écrit annonçant ou justifiant son geste. Le mystère s’épaissit. Deux mois durant, on papote, on spécule mais personne ne sait rien. Jusqu’à ce 5 mai 2010. Un plaisancier alerte la gendarmerie. En se baladant sur les bords de l’Adour, à Urt, il voit un corps humain qui flotte…