Replay du vendredi 29 mai 2020

Mise en Scène ? / Épisode n°5 : Point Final (Affaire Jean Eschbach)

Mars 2010, un hôtelier réputé originaire de Navarrenx disparaissait subitement. Deux mois durant, l’affaire virait au feuilleton à suspens. Jusqu’au 5 mai suivant. Un plaisancier en promenade sur les bords de l’Adour, entre Guiche et Urt, aperçoit un corps flottant sur le fleuve...

Est-ce bien l'hôtelier que l'on vient de retrouver dans l'Adour ?
Est-ce bien l'hôtelier que l'on vient de retrouver dans l'Adour ? © Getty

Les gendarmes de la brigade d’Hasparren arrivent rapidement sur les bords de l’Adour. Le témoin disait juste. Il y a bien un noyé qui flotte à la surface du fleuve. Mais, vu sa localisation, il faut plonger pour l’approcher. Selon une procédure bien rôdée, les militaires alertent leurs collègues de la cellule criminelle, les plongeurs, et le médecin légiste. Le corps du noyé est méconnaissable. Il faut donc prélever son ADN pour tenter de lui donner un nom. Selon le légiste, le malheureux ne présente aucune trace de violence apparente. La conclusion s’impose d’elle-même : c’est un suicide par noyade. Mais, un détail intrigue les enquêteurs : des chaînes métalliques entourent le corps du noyé. Comme s’il avait été lesté à un parpaing pour éviter ou retarder sa remontée à la surface. Vingt jours plus tard, les résultats de l’analyse ADN tombent : Jean Eschbach est le noyé découvert flottant à la surface de l’Adour, entre Guiche et Urt.

L’annonce funeste met donc un terme à deux mois de spéculations tous azimut.

A Navarrenx, l’annonce cloue le bec aux rumeurs selon lesquelles l’hôtelier coulait des jours heureux, au soleil, à l’aide d’un pactole caché. Mais, l’épais mystère ne se dissipe pas pour autant. Le 5 mars 2010, Jean Eschbach avait acheté un billet de train pour le 17h37 à destination de Paris. Est-il monté à bord ? Aucun témoin ne l’a aperçu. Comment s’est-il rendu sur les bords de l’Adour ? A pied ? Les proches du disparu émettent une seconde hypothèse : l’hôtelier a pu acheter un second billet sur le Pau-Bayonne payé en espèces. Mais alors, à quelle gare est-il descendu ? Reste ensuite à établir où et quand il s’est procuré les chaînes et le parpaing auxquels il s’est lesté en se noyant. Les parents du défunt sont convaincus que la piste du suicide n’est qu’une hypothèse. La Justice ne cherchera pas plus loin : c’est un suicide. Point final. A croire que l’hôtelier a minutieusement mis en scène son départ vers d’autres cieux…