Replay du jeudi 31 décembre 2020

Noël au Balcon, Pâques en Prison. Épisode n°4 : drame de l’alcool.

Un drame secoue au cœur de l’hiver 1983 le petit village d’Osse en Aspe. Le soir de Noël, un quadragénaire abat son frère d’un coup de fusil à bout portant… Après deux jours de garde à vue, le suspect est présenté à la justice.

Une affaire qui fait les titres de la presse locale
Une affaire qui fait les titres de la presse locale © Getty - Nils Juenemann / EyeEm

Mardi 27 décembre 1983, un homme hagard, encadré par trois gendarmes, monte les marches du tribunal de Pau. Une heure plus tard, il fait le chemin inverse, menottes aux poignets. Inculpé du meurtre de son frère, Jean Sauveur-Gonzalez part en maison d’arrêt. Et pour longtemps. L’homme, inconnu de la justice, risque non plus la peine de mort mais la prison à vie. Son avocat, Robert Malterre, pressent que l’atmosphère était devenue irrespirable, ces derniers temps, entre les deux vieux garçons devenus, au fil du temps, deux frères ennemis. Joseph, la victime, vaquait à de petits boulots dans les fermes du canton, tandis que son cadet vivait des allocations-chômage. Son licenciement d’une entreprise d’emballage, sept mois plus tôt, l’aurait précipité un peu plus dans les méandres de la boisson. La famille était pourtant honorablement connue dans la vallée. Mais l’alcoolisme et la dépression de ces deux pauvres garçons a fait le reste. Hélas.

Dans les boulangeries, les journaux locaux du matin partent comme des petits-pains. 

A l’époque, il n’y a ni Internet, ni réseaux sociaux. Et puis, ce drame intime dans une vallée enclavée n’intéresse guère la télévision régionale de Bordeaux. Il faut donc attendre l’édition du lendemain pour connaître les moindres détails du crime d’Osse-en-Aspe. Au café du village, on ne parle que de ça. Ces deux-là, chacun les connaissait. On les saluait. On échangeait des banalités. Mais après. Qui savait ce qui se tramait derrière les murs en pierre apparente de la ruelle menant au cimetière du village ? Deux mois plus tard, le juge d’instruction organise une reconstitution sur les lieux du drame. Ce vendredi 3 février 84, la neige enveloppe le village. Face au Juge et aux experts en balistique, Jean Sauveur-Gonzalez mime les gestes de cet instant fatal qui a fait de lui un meurtrier. L’inculpé persiste et signe : c’est la peur de son frère aîné qui a armé sa main.

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