Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Cathy Livarek, lors de son arrivée au tribunal de Pau
Cathy Livarek, lors de son arrivée au tribunal de Pau © AFP - GAIZKA IROZ

Au nom du Fils... / Épisode n°5 : Folie des Hommes (Affaire Cathy Livarek)

Diffusion du vendredi 29 novembre 2019 Durée : 2min

Janvier 2012, un adolescent bayonnais est enlevé par un inconnu. Les policiers suspectent bien vite sa mère d’avoir organisé cette disparition. Elle qui, huit ans plus tôt, l’avait déjà enlevé pour l’éloigner de son père… La PJ de Bayonne cherche à identifier les complices de ce rapt...

Les policiers tendent l’oreille au stupéfiant récit que Ruben livre de son enlèvement et de sa cavale. Le scénario est digne d’une opération commando. Le 3 janvier, Thierry « l’astrologue » emmène le gamin et le conduit à sa mère. Au volant de son véhicule, il fait office d’éclaireur, surveillant d’éventuels barrages de police sur l’autoroute qui les mène de la côte basque jusqu’à la frontière Italienne. Un second véhicule le suit. Au volant, Stéphane, un militaire en retraite, conduit la fugitive et son fils. Une fois passé la frontière, à Vintimille, Cathy leur remet une coquette enveloppe de 4.000€ en rétribution du service rendu. Prudente, la fugitive a pris soin de brouiller les pistes en maquillant son identité et celle de Ruben. Coquette, Cathy se coiffe d’une perruque rousse pour éviter d’être démasquée. A ses complices, elle raconte être « une femme battue » et affirme « vouloir mettre son fils Jonathan en sécurité ». Le mensonge, encore…

Juin 2015, l’heure de vérité a sonné. Cathy Livarek comparaît aux assises, à Pau, pour l’enlèvement et la séquestration de son fils. Le procès commence mal : l’accusée répudie son avocat. Le Président Francis Bobille tente de comprendre. Droite dans ses bottes, l’accusée « accepte de parler mais refuse qu’on lui pose des questions ! ». Seule contre tous, elle ne se reconnaît coupable d’aucun crime. Le fautif, selon cette diplômée en psychologie, c’est Jean, le père, qu’elle traite de « despote » ! Pour seul aveu, l’accusée dit avoir « écouté son cœur de mère ». Ruben s’avance à la barre. Il éblouit la salle en formant un seul vœu : « que Papa et Maman se parlent » ! Un vœu pieu. Son avocat, Antoine Tugas, condamne « la croisade d’une mère dénuée de toute morale, sauf la sienne ». Il ne réclame aucune vengeance mais un avenir. Verdict : cinq ans de prison. Comme souvent, les enfants sont les victimes de la folie des adultes !...