Replay du mercredi 29 janvier 2020

Du Sel dans le Sang / Épisode n°3 : Mauvaise réputation (Affaire Bernard Laborde-Taa)

Il y a deux siècles, un modeste laboureur du quartier de Beigmau est assassiné dans sa chambre à coucher. Les gendarmes et le maire arrivent à cheval. L’enquête criminelle débute en pleine nuit…

A Salies-de-Béarn, l'enquête démarre en pleine nuit...
A Salies-de-Béarn, l'enquête démarre en pleine nuit... © Getty

L’enquête criminelle débute en pleine nuit ce mardi 1er mars 1825. Le premier témoin entendu, c’est Jeanne Laborde-Taa, la veuve. Entre deux sanglots, elle révèle aux gendarmes que son époux défunt se disputait souvent avec leur fils aîné : le travail, l’argent, le projet de mariage avec la fille d’un voisin… Tout était prétexte à chamailleries entre les deux hommes. « Suspectez-vous votre fils de l’avoir assassiné ? ». Jeanne hésite. Elle semble apeurée. La mère de famille est formelle sur un point : Bernard a injurié son père à de nombreuses reprises. Un jour où son époux, souffrant, a demandé l’aide de leur fils aîné, ce dernier a tout bonnement menacé de l’achever avec un coup de fusil ! De là à le désigner comme l’assassin... Prudence. Les proches voisins sont interrogés à leur tour. Eux aussi se souviennent que la victime se plaignait souvent d’être menacé de mort par son rejeton. Laborde père et fils vivaient comme chien et chat sous le même toit !

Que racontent exactement les proches voisins sur cette sulfureuse relation père-fils ?

La nuit du drame, Jean, un jeune laboureur habitant le quartier de Beigmau, s’est rendu sur les lieux du crime. Il est formel : la veuve accusait son fils, en pleine rue, d’être l’assassin ! Un autre témoin se présente aux gendarmes : Pierre affirme que de son vivant, Bernard Laborde-Taa lui a fait de bien funestes confidences. Le père de famille vivait dans la crainte obsessionnelle que son fils commette un jour l’irréparable en le supprimant. Même monsieur le curé se souvient avoir recueilli pareille confidence du malheureux. Ce fils, que tout le monde désigne comme l’assassin, devient le Suspect n°1. Il est grand temps de l’interroger. Face aux gendarmes de Salies, le jeune homme semble plutôt calme. « Où étiez-vous à l’heure du drame ? ». La nuit des faits, il était à l’extérieur de la ferme. Grâce à un fusil prêté par un voisin, Bernard montait la garde près d’un vignoble où, dit-il, des voleurs dérobaient du bois. Il n’est donc pas l’assassin...

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