Replay du jeudi 30 janvier 2020

Du Sel dans le Sang / Épisode n°4 : Suspect n°1 (Affaire Bernard Laborde-Taa)

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Hiver 1825. Un modeste laboureur, habitant le quartier de Beigmau, est assassiné dans la chambre à coucher de son habitation. Les gendarmes entendent les premiers témoins. La rumeur publique accuse le fils du défunt d’être l’assassin. Que dit le suspect ?...

A Salies-de-Béarn, est-ce une affaire de famille ?
A Salies-de-Béarn, est-ce une affaire de famille ? © Getty

A écouter Bernard Laborde-Taa, il a un solide alibi. Lorsque son père a été assassiné, le fils aîné affirme qu’il était à l’extérieur de la demeure familiale, près de la ferme Bourdette où il surveillait un champ de vigne. Les gendarmes n’en croient pas un mot. « Sitôt votre père assassiné, votre mère s’est mise à hurler en quittant la maisonnée ; or, vous étiez face à la porte ! ». « Faux » rétorque le jeune homme. Deux détails semblent pourtant le contredire : la nuit du drame, son chien de garde était à l’intérieur de la ferme familiale. Ce chien aboyait habituellement avec vigueur lorsqu’un inconnu s’approchait. Or, mardi soir, nul ne l’a entendu aboyer. Déduction : l’assassin était un familier. Autre détail embarrassant : le fils Laborde-Taa était chaussé de sabots en bois. Or, un voisin se souvient avoir entendu des bruits de sabot provenant de la vigne Bourdette avant que la détonation fatale ne retentisse. Le suspect a donc menti. 

Que sait-on exactement des conditions dans lesquelles le père de famille a été assassiné ?

Lors des premières constatations, les gendarmes de Salies ont minutieusement étudié la scène de crime. La victime était allongée dans son lit lorsqu’elle a été assassinée d’une décharge de carabine. Or, le meurtrier se trouvait à l’extérieur de l’habitation !  Pour parvenir à ses fins, il a creusé un trou dans le fragile mur en torchis, à l’endroit précis où la victime se reposait. Il a ensuite introduit le fusil dans ce trou avant de tirer la décharge fatale qui a envoyé le malheureux au ciel. Diabolique ! Pour les gendarmes, le tueur est un familier. Qui d’autre connaissait la place du lit où le malheureux se reposait ? Reste à établir le mobile du crime : un témoin raconte que Laborde junior était impatient de se marier avec une fille du quartier. Bernard n’ayant pas un sou en poche, il espérait sans doute que son père lui cède son compte de part-prenant à la fontaine d’eau salée de la ville. Refus catégorique du vieil homme qui a signé son arrêt de mort…

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