Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Le GIGN, à l'assaut
Le GIGN, à l'assaut © Getty

Floréal, Parce qu’il le valait bien ! / Épisode n°2 : Ouvrier modèle (Affaire : Floréal Garrido)

Diffusion du mardi 14 janvier 2020 Durée : 2min

Mercredi 11 Janvier 1978, il y a exactement 42 ans, un employé de l’arsenal de Tarbes assassinait un cadre de l’établissement avant de se barricader dans la salle des ordinateurs. L’affaire fait la Une de l’actualité télévisée du soir en France...

Les heures passent mais rien ne bouge. Barricadé dans sa forteresse, le forcené de l’arsenal de Tarbes reste sourd aux tentatives de négociation. Malgré de violentes chutes de neige, un avion militaire se pose, en pleine nuit, sur le tarmac de l’aéroport d’Ossun. A son bord, le Capitaine Christian Prouteau et les gendarmes du prestigieux GIGN viennent prêter main forte aux autorités. Les préparatifs commencent. A deux heures du matin, c’est l’assaut. Le forcené se rend sans résister. Il était temps. Dans la salle des ordinateurs, les gendarmes d’élite mettent la main sur des armes et des munitions en grande quantité. Le forcené avait tout préparé pour achever son parcours meurtrier par un funeste feu d’artifice. L’homme est aussitôt placé en garde à vue. Il se nomme Floréal Garrido. Âgé de 46 ans, cet ouvrier sans histoire bossait à l’arsenal de Tarbes depuis 1964. Un employé que ses chefs décrivent honnête, serviable et compétent.

Les policiers tentent maintenant de comprendre comment cet ouvrier modèle a basculé…

Dès sa première audition, Garrido passe aux aveux. Il est devenu un assassin par désir de vengeance. A l’entendre, voilà sept ans que ce contrôleur sans histoire aspirait à prendre un grade supplémentaire. En 1972, il passe divers tests de sélection. En vain. Il échoue par deux fois. Lui, l’ouvrier irréprochable, vit cet échec cuisant comme une injustice suprême. D’autres collègues, moins qualifiés à ses yeux, ont eu leur promotion salariale. Garrido est convaincu qu’on l’a saqué. Il a le tort de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Et ça déplaît, croit-il. Il a aussi le tort de ne pas adhérer à la CGT, le syndicat en vogue à l’époque. L’ouvrier rumine. En silence. En 1977, son espoir renaît. La direction de l’arsenal lui promet une mutation dans un service plus prestigieux. Mais rien ne vient. Garrido est convaincu qu’on se moque de lui. Début janvier, l’ouvrier décide de se venger. Ceux qui le méprisent paieront le prix du sang…