Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Le palais de justice de Tarbes attend le forcené...
Le palais de justice de Tarbes attend le forcené...

Floréal, Parce qu’il le valait bien ! / Épisode n°3 : une Ville dans la Ville (Affaire : Floréal Garrido)

Diffusion du mercredi 15 janvier 2020 Durée : 2min

Mercredi 11 Janvier 1978, un employé de l’arsenal de Tarbes assassinait un ingénieur de l’établissement avant de se barricader dans la salle des ordinateurs. Le forcené est délogé quelques heures plus tard par les gendarmes du GIGN. Ses ennuis judiciaires commencent…

Le lendemain du drame, Floréal Garrido est conduit au palais de justice de Tarbes. Le jeune juge d’instruction, Jean-Pierre Belmas, l’inculpe pour l’assassinat de Dominique Boilevin et la tentative d’assassinat de Claude Coral. L’ex-employé de l’arsenal de Tarbes joue très gros. D’une phrase, le magistrat lui fait comprendre qu’il risque la cour d’assises et la guillotine. En 1978, les jurés populaires prononcent encore la peine de mort et le président Valéry Giscard d’Estaing gracie rarement les condamnés… Quelle peine les jurés de Bigorre infligeront-ils à cet accusé peu commun ? A Tarbes, le drame survenu la veille frappe chacun car ici, l’arsenal n’est pas seulement le plus gros employeur de la ville. C’est une véritable ville dans la ville. Fondé en 1871, l’établissement fabrique, depuis un siècle, l’artillerie des Armées Françaises. Au plus fort de la grande guerre, il employait 16.000 salariés dont 6.000 femmes.

On oublie combien l’arsenal Tarbais a été un foyer industriel majeur du grand Sud.

Au début du XXème siècle, l’arsenal de Tarbes est un centre industriel majeur du grand Sud-Ouest, à l’image de l’usine métallurgique du Boucau. Le travail y est certes pénible, voire dangereux, mais beaucoup quittent fièrement les campagnes pour un emploi sûr. Son campanile affiche l’heure aux quatre points cardinaux de la ville, comme une sorte de boussole. Chaque jour, ce sont des ingénieurs, des techniciens, des ouvriers qui arrivent des quatre coins du département, en car, en voiture ou à vélo. L’arsenal, c’est aussi un condensé de l’histoire sociale du siècle dernier. Karl Marx, l’auteur du Grand Capital, ne s’est-il pas rendu ici, à la fin de sa vie ? L’Internationale Socialiste, le Parti Communiste puis le syndicat CGT y ont animé les grandes heures des congés payés, de la sécurité sociale et des grèves de 68. En 1978, l’heure est au dialogue social entre les cols blancs et les cols bleus. Un dialogue sans doute insuffisant aux yeux de Garrido...

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