Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

La prison de Tarbes accueille le forcené...
La prison de Tarbes accueille le forcené...

Floréal, Parce qu’il le valait bien ! / Épisode n°4 : Le Parano (Affaire : Floréal Garrido)

Diffusion du jeudi 16 janvier 2020 Durée : 2min

11 Janvier 1978 : un employé de l’Arsenal de Tarbes assassinait un ingénieur de l’établissement avant de se barricader dans la salle des ordinateurs. Délogé par le célèbre GIGN, le forcené est conduit au palais de justice de la ville où le juge d’instruction l’inculpe pour assassinat...

A sa sortie du palais de justice, l’assassin de l’arsenal est conduit, menottes aux poignets, à la prison de Tarbes. Floréal Garrido n’a pourtant rien de Rambo ! Une foule de curieux observe cet homme de petite taille, vêtu de sa blouse grise de travail et coiffé de sa légendaire casquette. Que sait-on exactement de lui ? Ses parents, d’origine espagnole, sont installés au soleil de l’Algérie lorsque Floréal vient au monde, en 1932. Quelques années plus tard, c’est en Soule, à Mauléon, que l’enfant sage poursuit ses études primaires et secondaires. Une fois son C.A.P d’ajusteur en poche, Floréal part accomplir son service militaire sous les drapeaux de l’Armée Française. Les évènements d’Algérie commencent. Patiemment, le soldat Garrido gravit les échelons de la grande muette. Devenu Sous-Officier, il réclame sa mutation en métropole. Refusée. Garrido fulmine. Après une altercation avec un soldat algérien, il est enfin rapatrié.

Le jeune soldat est finalement démobilisé et il revient à la vie civile à l’âge de 32 ans.

En 1964, il s’installe, avec femme et enfant, à Tarbes. Le voici embauché au sein du prestigieux arsenal de la ville. Ses supérieurs ne tarissent pas d’éloges sur cet ouvrier modèle et irréprochable. Pourtant, en 1972, Garrido rate, par deux fois, les tests de sélection destinés à lui offrir un poste plus qualifié. Un camouflet injuste aux yeux de cet homme au tempérament entier. Il développe, alors, un douloureux complexe de persécution. Les témoins affirment qu’à la moindre remarque, Garrido devenait irascible et provocant envers ses chefs. Comme la Loi l’exige, un expert psychiatre l’examine en prison. L’inculpé assure qu’il a agi comme « un automate », rajoutant qu’il aurait pu commettre un massacre… Selon l’expert, Garrido souffrait, sans doute, de paranoïa. Il est pourtant responsable de ses actes. Son procès s’ouvre, en décembre 1980, devant la cour d’assises des Hautes-Pyrénées. Il risque la peine capitale !