Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Garrido échappera-t-il à l'échafaud ?
Garrido échappera-t-il à l'échafaud ? © Getty

Floréal, Parce qu’il le valait bien ! / Épisode n°5 : La Tête sur la Balance (Affaire : Floréal Garrido)

Diffusion du vendredi 17 janvier 2020 Durée : 2min

Janvier 1978 : un employé de l’arsenal de Tarbes assassinait un ingénieur de l’établissement et tentait d’en supprimer un second. En décembre 1980, son procès s’ouvre devant la cour d’assises…

Trois années ont passé depuis le drame de l’arsenal de Tarbes. L’émotion populaire demeure toujours aussi vive. En ce froid matin de décembre 1980, la foule se bouscule à l’ouverture du procès de Floréal Garrido. L’unique survivant du carnage, Claude Corral, s’avance à la barre. Cet ingénieur de métier raconte : vers 13h30, il a serré la main de Garrido. Comme à l’habitude. Vers 18h, il est assis à son bureau lorsqu’il ressent une violente brûlure dans la nuque et s’effondre. Sans un mot, Garrido vient de tirer un coup de feu à bout touchant. Par miracle, la balle épargne le cerveau. L’agresseur gagne ensuite le bureau d’un second ingénieur, Dominique Boilevin. Trois détonations retentissent. Le chef du service métrologie s’effondre, tué sur le coup. Résolu à se venger de son concours raté, sept ans plus tôt, Garrido s’est mis en tête que ces deux victimes étaient les artisans de son malheur. L’enquête révèlera qu’il n’en était rien.

Quelle peine l’accusation requiert-elle contre cet accusé au profil atypique ?

Au nom de la Société, l’avocat général se lève : « Garrido a agi de sang-froid et avec préméditation ». Face à l’horreur, il requiert la prison à perpétuité. A la défense, Me Bruno Tandonnet décrit un ouvrier dévasté par le sentiment de l’injustice au travail. Ce sans grade, noyé au milieu d’une masse d’ouvriers, ne pesait rien face à l’aristocratie des ingénieurs : « Garrido, ce paranoïaque, était tout sauf un être normal ». L’avocat tente même un parallèle avec Mesrine, l’ennemi public n°1 abattu un an plus tôt par la police. « Contre lui, on avait requis 20 années de prison ». Peine perdue. Le verdict tombe : Garrido est reconnu coupable d’assassinat. Mais, la cour lui accorde des circonstances atténuantes. Il échappe ainsi à la guillotine, condamné qu’il est à la prison à perpétuité. A cause d’un vice de forme, Garrido est rejugé un an plus tard à Pau. Le verdict sera identique à la virgule près : prison à vie !