Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Une sombre histoire de vengeance...
Une sombre histoire de vengeance... © Getty

Le Domestique / Épisode n°1 : La petite Ferme dans la Prairie (Affaire Jean Apprendesteguy)

Diffusion du lundi 2 décembre 2019 Durée : 2min

Juin 1949, un couple d’agriculteurs habitant le village de Taron est froidement assassiné par leur ancien domestique. Cet homme, natif de Bayonne, affirme avoir agi par vengeance. Que s’est-il donc passé pour qu’une telle folie meurtrière le conduise à passer à l’acte ?...

Taron, un petit village rural d’une centaine d’âmes au nord-est du département des Pyrénées-Atlantiques. Maurice, un solide agriculteur de 43 printemps, y habite la ferme des Manotines, une belle bâtisse béarnaise bordant le chemin vicinal qui relie au village voisin de Baliracq. Il y a trois ans, le vaillant quadragénaire s’est uni en mariage avec Anna, une jeune italienne arrivée de sa Vénétie natale. Six mois plus tard, le foyer s’agrandit. Une petite Marie-Louise vient illuminer la vie de ce couple sans histoires. En ce mois de juin 1949, le printemps tire sa révérence. Les champs de blé qui encerclent la ferme sont déjà hauts. La récolte s’annonce fructueuse et l’été ensoleillé. Ici, le travail ne manque pas. Les journées de labeur sont si longues qu’il y a six mois, Maurice Brouca s’est enfin décidé à recruter un domestique. Il lance une petite annonce et, grâce au bouche à oreille, un candidat se présente. Il se nomme Jean Apprendesteguy.

Le jeune homme se dit natif de Bayonne et âgé de 35 ans. Il vient du village voisin de Sevignacq. Vérification faite, son ancien patron n’en dit que du bien. Affaire conclue. Comme tout domestique agricole de l’époque, le jeune basque est logé et nourri par son employeur. Chaque jour que Dieu fait, il subit, du matin au soir, le rude travail de la ferme. Certes, le domestique prend ses repas à la table de ses maîtres. Il en partage aussi la vie de famille. Mais, en cette fin des années 40, l’ouvrier agricole n’a qu’un seul droit, celui de bosser et de se taire. S’il perd son travail, Jean sait qu’il perd aussi son toit. Alors il bosse et sort peu ! Au village, nul ne le connaît. Maurice Brouca cerne vite le profil du jeune basque. Il est vaillant mais parfois rude avec le bétail. Au point que Maurice lève souvent la voix pour le ramener au calme. Un matin, en s’habillant, le maître des lieux découvre que de l’argent de poche a disparu du pantalon...