Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

L'assassin sauvera-t-il sa tête ?
L'assassin sauvera-t-il sa tête ? © Getty

Le Domestique / Épisode n°5 : Guillotine ? (Affaire Jean Apprendesteguy)

Diffusion du vendredi 6 décembre 2019 Durée : 2min

Maurice Brouca, un agriculteur, recrute un jeune domestique. Il le suspecte de vol et dépose plainte contre lui. Cette plainte va déclencher une sanglante vengeance : un matin de juin 1949, le jeune basque assassine le couple d’agriculteurs, carabine à la main, avant de s’enfuir à travers champs...

La paisible ferme des Manotines s’est soudain transformée en une sanglante scène de crime. Gendarmes, policiers et magistrats investissent les lieux du double assassinat de Taron. Aidés d’un chien-policier et des chasseurs du village, ils lancent une gigantesque battue à travers champs car l’assassin s’est enfui à pied. Un détail fait avancer l’enquête. L’ex-pupille de l’Assistance Publique, natif de Bayonne, a été élevé par une famille d’accueil, dans une ferme du proche village de Boast. S’y serait-il planqué ? Discrètement, les gendarmes se renseignent. Bonne pioche. Apprendesteguy est arrivé vers 15h, armé d’un fusil. Informée des faits, la maîtresse des lieux écarte, mine de rien, le fusil. Les gendarmes déboulent et passent les menottes au double assassin qui se débat comme un fauve. Placé en garde à vue, le suspect sait qu’il joue sa tête. Peu importe. Il se dit prêt à monter sur la guillotine.

Face au Juge d’instruction, M. Jourdain, le double assassin de Taron affirme que « c’est la vengeance qui a armé son bras »... Une irrépressible envie de représailles née, selon lui, après la plainte pour vol déposée par Maurice Brouca. Avant de signer son procès-verbal, l’ex-domestique lâche : « Maintenant qu’ils sont tous descendus, je suis content ». Coiffé de son béret, le jeune basque part ensuite en prison. En février 1950, son procès s’ouvre aux assises, à Pau. Une impressionnante foule de curieux assiste aux débats. La cour et les jurés écoutent, aux bords des larmes, la déposition de Marie-Louise, cette fillette orpheline de 3 ans, unique survivante du carnage : « Jean a cassé la tête de papa et tiré sur ma maman ». Contre cet accusé capable du pire, l’Avocat Général réclame sa tête pour avoir commis « deux crimes dont l’horreur dépasse l’imagination ». Verdict : prison à perpétuité. L’ex domestique a sauvé sa tête...