Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Pierre Uhart au moment de la reconstitution du drame
Pierre Uhart au moment de la reconstitution du drame

Peyo, le Bohémien / Épisode n°4 : Voleur et meurtrier (Affaire Pierre Uhart)

Diffusion du jeudi 23 janvier 2020 Durée : 2min

Janvier 1910. Les journaux de notre département suivaient avec gourmandise un retentissant fait divers qui endeuillait le village Basque d’Ispoure. Une aubergiste a été découverte assassinée dans sa cuisine. Les gendarmes tiennent le nom d’un suspect : Pierre Uhart…

Les gendarmes foncent immédiatement au village de Baïgorry. Curieusement, Pierre Uhart est introuvable. Tiens donc ! Sous le manteau, des voisins leur glissent qu’il se cacherait chez sa sœur Marie, dans un village du canton. Le lendemain, à l’heure du coq, ils lui passent les menottes : « Tu sais pourquoi nous sommes là ? Raconte-nous tout ! ». Avec aplomb, le jeune voleur fait mine de ne pas comprendre. Le jour du drame, il était ailleurs, à Bayonne... Placé en garde à vue, Peyo finit par craquer. Les trois témoins le désignent formellement comme étant le client présent à l’auberge, le matin du crime. Le ciel du jeune bohémien s’assombrit : ses empreintes digitales finissent par le confondre. Peyo passe aux aveux : « Oui, j’ai assassiné la veuve Urrutia. J’ai eu l’idée de la voler lorsqu’elle s’est assise, près de la cheminée ». Le suspect affirme que l’envie de tuer lui serait venue subitement. Butin du vol : 60 centimes…

Les enquêteurs veulent maintenant des preuves venant étayer ces aveux…

Les gendarmes cherchent à saisir l’arme du crime. Pierre Uhart affirme qu’il l’a jetée dans une prairie du village d’Ispoure. Les enquêteurs partent aussitôt vérifier, accompagnés du jeune suspect. Un photographe présent sur place immortalise la scène. Il en fera plus tard une carte postale que les journaux diffuseront copieusement… Un ultime détail intrigue les enquêteurs : pourquoi le jeune meurtrier n’a-t-il pas forcé l’armoire où l’aubergiste planquait ses économies ? « J’ai bien essayé, mais ce n’était pas la bonne clef ». Le jeune bohémien est présenté au juge d’instruction du tribunal de Saint-Palais. Le soir même, il est écroué à la prison de la ville. Le juge Castan s’interroge : Uhart aurait-il été incité à commettre ce crime par la vieille bohémienne qui l’accompagnait à l’auberge ? Peyo la désigne comme l’instigatrice du crime. A l’entendre, c’est bien elle qui l’a renseigné, au détail près, sur les habitudes de sa future victime...

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