Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Quel sera le verdict pour Pierre Uhart ?
Quel sera le verdict pour Pierre Uhart ? © Getty

Peyo, le Bohémien / Épisode n°5 : le Miraculé (Affaire Pierre Uhart)

Diffusion du vendredi 24 janvier 2020 Durée : 2min

Janvier 1910, il y a exactement 110 ans, dans le village Basque d'Ispoure. Une aubergiste a été assassinée dans sa cuisine. Les gendarmes finissent par interpeller le suspect, un jeune bohémien du canton nommé Pierre Uhart. Le gamin livre pourtant de surprenantes confidences…

L’accusé Peyo Uhart devient accusateur. Il répète au juge d’instruction que rien ne serait arrivé s’il n’avait trouvé sur sa route Marie Etcheverry. Une bohémienne rencontrée, un mois plus tôt, sur le marché hebdomadaire du lundi à Garazi. La dame lui aurait mis le marché en main : « nous irons chez l’aubergiste ensemble, mon enfant. Dans une armoire, il y a chez elle beaucoup d’argent. Tu la supprimeras et nous partagerons le pactole, moitié moitié » … Rendez-vous est pris, comme prévu, au matin du 28 janvier 1910. Le fils de Marie Urrutia s’en va livrer son vin comme chaque vendredi. La voie est donc libre. Vers 9h30, l’aubergiste passe de vie à trépas, avant que les deux ouailles ne s’évaporent… Le juge d’instruction fait aussitôt arrêter l’instigatrice présumée. La main sur le cœur, la vieille dame jure qu’elle n’y est pour rien. Le juge n’en croit pas un mot. Mais les preuves font cruellement défaut... Il la relâche un mois plus tard.

L’heure est venue de juger le meurtrier de l’aubergiste d’Ispoure, à la cour d’assises de Pau.

Jeudi 12 mai 1910, la cour d’assises, siégeant à Pau, s’apprête à juger le crime de l’auberge d’Ispoure. Seul dans son box, le jeune bohémien ne comprend pas un mot à la langue de ces magistrats vêtus de rouge et d’hermine. Un interprète en langue basque se tient à ses côtés, comme Me Gueracague, du barreau de Saint-Palais. A la majorité absolue des voix, les douze jurés tirés au sort le déclarent coupable du vol et du meurtre de Marie Urrutia. L’accusé risque théoriquement la guillotine. Il revient aux trois magistrats de prononcer la peine. Certes, le crime était horrible. Certes, l’opinion en a été profondément émue. Mais, l’accusé apparaît comme un jeune vagabond que la vie a malmené. Peyo Uhart échappe à la peine capitale. La Cour le condamne aux travaux forcés à perpétuité. L’été suivant, il embarque pour le bagne de Cayenne. C’est là, 20 ans plus tard, qu’il apprend sa remise en liberté pour bonne conduite…

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