Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Les gendarmes ont leur premier suspect
Les gendarmes ont leur premier suspect © Getty

Peyo, le Bohémien / Épisode n°3 : Peyo, gibier de potence (Affaire Pierre Uhart)

Diffusion du mercredi 22 janvier 2020 Durée : 2min

Il y a 110 ans, en janvier 1910, un intriguant fait divers endeuille le village basque d’Ispoure, près de Saint-Jean-Pied-de-Port. Une aubergiste y est découverte assassinée dans sa cuisine. Les gendarmes tentent d’identifier le dernier témoin ayant vu la victime vivante…

Les gendarmes de Saint-Jean-Pied-de-Port sont convaincus que la veuve Urrutia, l’aubergiste d’Ispoure, a été assassinée par un rôdeur. Dominique, un gaillard retraité âgé de 80 printemps, se présente aux enquêteurs. La main droite levée, il prête serment de dire toute la vérité. Le matin du drame, il s’est rendu à l’auberge, comme souvent, aux environs de 9h. Lui aussi a remarqué la présence d’un jeune homme, au nez long et au teint mat. Il était vêtu d’un béret et d’une veste en laine de couleur noire. Second détail : une bohémienne plutôt âgée, de forte corpulence, semblait l’accompagner. Attablée au restaurant, elle fumait et consommait du vin. « Tiens mon fils, bois et fume ! » aurait-elle lâché ! Les gendarmes tendent l’oreille. La corpulente dame pourrait donc être la mère de ce jeune homme qui fait figure de suspect n°1. Voilà trois témoins qui leur décrivent la même scène. Firmin, le fils de la victime, rentre à l’auberge.

On imagine l’effroi du fils de la malheureuse victime lorsqu’il apprend l’odieuse nouvelle.

Le fils de Marie Urrutia s’effondre en découvrant le corps supplicié de sa mère. Les gendarmes l’interrogent : « ce matin, en partant, avez-vous repéré quelque chose d’anormal ?». En quittant l’auberge, aux environs de 8h, il a croisé un jeune homme qui venait prendre une collation. Son portrait-robot colle, au détail près, au signalement du suspect. Les enquêteurs enfoncent le clou : « Le connaissez-vous ? L’avez-vous déjà aperçu à l’auberge ? ». Firmin est formel : cet homme est un habitué. C’est un jeune bohémien qui habite le quartier Occos, au village de Baïgorry. Les gendarmes épluchent leur fichier, et ils font rapidement le lien avec une vieille connaissance : Pierre Uhart, un bohémien né en 1892. Malgré son jeune âge, il affiche un casier judiciaire bien garni. Vols et violences seraient même sa spécialité. Serait-il devenu un meurtrier après un cambriolage qui aurait mal tourné ? Il est maintenant urgent de l’interpeller...

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