Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Saint-Étienne-de-Baïgorry, théâtre d'un drame...
Saint-Étienne-de-Baïgorry, théâtre d'un drame... © Getty

Rivière Rouge / Épisode n°2 : Patrouille de routine (Affaire du double assassinat de Baïgorry)

Diffusion du mardi 17 mars 2020 Durée : 2min

Mars 1982, il y a 38 ans, le Pays Basque est sous les feux de l’actualité : un attentat vise deux jeunes CRS qui sont assassinés, en pleine nuit, par des inconnus, dans le village de Saint-Étienne-de-Baïgorry.

Bernard et Jackie sont gardiens de la paix à la CRS 19 basée à la Rochelle. Avec douze de leurs collègues, ces deux trentenaires sont en mission au Pays Basque intérieur pour un mois. Leur mission : surveiller la frontière avec l’Espagne et interpeller toute personne ayant un comportement suspect. Ce soir, vendredi, ils patrouilleront sur les routes sinueuses menant au col d’Ispeguy, à huit kilomètres de là. Une mission de routine en somme. A 21h30 précises, les deux CRS quittent l’hôtel Juantorena où leurs épouses les ont rejoints pour quelques jours. Ils montent à bord d’une Renault 4L sérigraphiée police qui s’enfonce dans la nuit noire, tous phares allumés. La nuit est calme. Hormis un chat qui traverse la route, il n’y a personne à l’horizon. Le véhicule bleu emprunte maintenant la Gaineko Karrika, au cœur du village de Baïgorry. Soudain, un groupe de plusieurs individus, tous habillés de treillis militaires, surgit du bord de la route. 

Que se passe-t-il alors ?

La Renault 4L de police freine brusquement. Les assaillants ouvrent instantanément le feu. Plusieurs rafales successives de tirs d’armes automatiques mitraillent le véhicule des CRS. Jackie, le conducteur, tente bien de forcer l’embuscade. Grièvement blessé à la tête, il ne peut hélas pas grand-chose. Son collègue passager n’a même pas le temps de riposter. Blessé par neuf projectiles, il est paralysé par une blessure à la colonne vertébrale. Les assaillants prennent aussitôt la fuite à bord d’une 4L de couleur beige. Dans les maisons avoisinantes, les habitants finissent par sortir et donner l’alerte. Lorsque les secours arrivent sur place, les deux jeunes CRS sont dans un état désespéré. Le conducteur décède dans la nuit, à l’hôpital de Bayonne, tandis que son collège est évacué à l’hôpital Pellegrin. A Baïgorry, les militants abertzale ont la réputation d’être très actifs. Ont-ils copié ETA en exécutant deux policiers sur le sol français ?...