Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Philippe Bidart à Béziers en 2007
Philippe Bidart à Béziers en 2007 © Getty

Rivière Rouge / Épisode n°3 : Jeu de piste (Affaire du double assassinat de Baïgorry)

Diffusion du mercredi 18 mars 2020 Durée : 2min

19 Mars 1982, il y a 38 ans, le Pays Basque est sous les feux de l’actualité nationale : deux CRS sont assassinés à Saint-Étienne-de-Baïgorry. Une gigantesque enquête policière qui démarre en pleine nuit...

Du parquet de Bayonne au ministère de l’intérieur, en passant par la préfecture à Pau, chacun attribue le mitraillage des deux CRS à l’organisation Iparretarrak, qui ne tarde pas à le revendiquer. La P.J prend l’enquête en main. Dans la nuit, plusieurs patrouilles ratissent la montagne basque au peigne fin. L’une d’elles tombe sur la Renault 4L abandonnée par les tueurs. Dans leur fuite, ils ont semé un sac de voyage qui contient de précieux indices : des cagoules, des menottes, des chaines ainsi qu’un poignard de plongée pour la pêche sous-marine. Bizarre. Qui sont les assassins ? Au village, les langues peinent à se délier. Difficile de dresser un portrait-robot des suspects. Grâce à la balistique, on apprend qu’ils ont fait usage de pistolets mitrailleurs, calibre 9mm. Le lendemain, les policiers frappent fort. Ils perquisitionnent les domiciles de plusieurs activistes connus à Baïgorry. Tous ont très curieusement disparu. 

Les perquisitions ciblent un certain Philippe Bidart…

Au fur à mesure que les heures passent, l’étau se resserre autour de Philippe Bidart. Les enquêteurs déboulent dans sa maison natale située à quelques mètres des lieux de la fusillade.  Là, ils mettent la main sur la partie manquante du poignard saisi dans la 4L des tueurs. Voilà une belle pièce à conviction ! A Bordeaux, le policier hospitalisé sort à peine de son coma. En examinant l’album photo, il désigne, sans hésiter, le visage émacié de Philippe Bidart ainsi que celui de son lieutenant, Ttotte Etcheveste. Dès cet instant, Bidart devient l’ennemi public n°1. Une traque intensive commence. Son portrait s’affiche à la Une des journaux. A Baïgorry, le village est plongé dans la consternation face à cette soudaine flambée de violence. Au même moment, une foule de policiers et d’anonymes se réunit en silence, à Bayonne. Chagrin et colère dominent l’hommage rendu au CRS Jacques Bouyer, tombé la veille. Il avait 31 ans...

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