Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Philippe Bidart : sa traque se termine au Boucau
Philippe Bidart : sa traque se termine au Boucau © Getty

Rivière Rouge / Épisode n°4 : la Cavale (Affaire du double assassinat de Baïgorry)

Diffusion du jeudi 19 mars 2020 Durée : 2min

Vendredi 19 Mars 1982, un drame frappe le Pays Basque : deux CRS sont exécutés, par un commando d’inconnus, dans le village de Saint-Étienne-de-Baïgorry. Quel est le bilan de cet attentat ?

Un mois après la fusillade, le bilan s’alourdit. La seconde victime décède des suites de ses blessures. Le juge d’instruction de Bayonne lance un mandat d’arrêt contre Philippe Bidart qui devient l’homme le plus recherché de France. Le chef abertzale est introuvable. Les policiers le soupçonnent pourtant d’être planqué ici, au Pays Basque. En août 83, la guérilla continue : une fusillade éclate dans un camping du village Landais de Léon. Un gendarme meurt sur le coup, un second sort grièvement blessé. Une fois encore, Bidart alias Patxi semble introuvable. La traque redouble d’intensité. Sans résultat. Décembre 86, l’ex-pensionnaire du séminaire d’Ustaritz s’offre un coup d’éclat. Il prend la tête d’un commando qui fait évader deux compagnons, Gaby Mouesca et Marie-Pierre Heguy, de la prison de Pau. Comment ? Par la grande porte ! Pour cela, Bidart et ses hommes se déguisent en faux gendarmes du GIGN.

Comment cette évasion rocambolesque s’est-elle déroulée ?

Le commando commence par attirer le chef d’établissement dans un traquenard. Sous la menace d’une arme, ils lui mettent le marché en main : soit, il les accompagne à la prison où il ordonnera aux gardiens de lui remettre les deux détenus ; soit sa fille sera supprimée. C’est clair, c’est net ! Le directeur de la prison obtempère. Tout se déroule comme prévu. Au nez et à la barbe des surveillants, l’évasion est un succès. A Paris, le premier flic de France, Charles Pasqua, enrage. En mai 87, la cour d’assises spéciale, à Pau, juge Philippe Bidart en son absence. Elle le condamne à la prison à perpétuité pour le double meurtre de Baïgorry. Pendant ce temps, Bidart court toujours. Plus pour longtemps... Février 88, au Boucau, le GIGN interpelle Bidart et trois de ses complices. Fin de six longues années de clandestinité. L’enfant de Baïgorry entame un très long parcours carcéral. Iparretarrak prévient : Bidart arrêté, la lutte armée continuera !