Replay du lundi 11 janvier 2021

Silence sur l'affaire Notre Dame de Betharram. Épisode n°1 : baffes à volonté.

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Il y a 25 ans, la célèbre Institution Notre Dame de Betharram se trouve au cœur d’une retentissante affaire à la page des faits-divers. Un père de famille accuse l’établissement catholique de se livrer à des châtiments corporels d’un autre âge sur certains élèves.

Portes closes à l'internat de Notre Dame de Betharram
Portes closes à l'internat de Notre Dame de Betharram © Getty - RinoCDZ

L’affaire débute en février 1996. Le procureur Palois de l’époque, Raymond Doumas, voit arriver sur son bureau une plainte plutôt inhabituelle. Un père de famille habitant Gelos accuse la respectable Institution Notre Dame de Betharram de « coups et blessures volontaires », voire de « traitements inhumains et dégradants ». Sous la plume de son avocat, Jean-François explique qu’à deux reprises, l’an dernier, les surveillants de la vénérable institution ont commis des actes de violences inacceptables sur son fils Marc âgé de 14 ans. La première fois, c’était en janvier 95. Le surveillant général gifle violemment l’élève pour une banale histoire de verre cassé. Une baffe si violente que Marc perd 40% de ses capacités auditives sur une oreille. En décembre, rebelote. Cette fois, un surveillant en poste à l’internat a fait vivre à son fils une véritable soirée d’enfer.

Un doigt se lève,  il tombe à bras raccourcis

Le surveillant prend ce geste d'un soir pour un manque de respect à son endroit. Ni une, ni deux, il ordonne à l’adolescent vêtu d’un tee-shirt et d’un slip d’aller prendre l’air sur le perron, une sorte d’estrade installée sur les bords du Gave de Pau. A l’extérieur, il fait un froid de canard. Le thermomètre affiche zéro degré ! Le gamin est transi de froid. Il ne sent plus ses jambes. Une heure plus tard, Marc retourne au dortoir et demande à pouvoir se coucher. Refus catégorique du surveillant qui lui ordonne de retourner d’où il vient. Le ton monte. Le surveillant perd le contrôle de lui-même. Il assène une pluie de gifles et de coups sur l’adolescent avant de le bousculer au sol. Un jeune camarade de Marc assiste à la scène. Il lui prête une carte téléphonique grâce à laquelle l’ado prévient aussitôt ses parents, lesquels déboulent au collège vingt minutes plus tard. Le papa exige des explications !

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