Replay du mardi 12 janvier 2021

Silence sur l'affaire Notre Dame de Betharram. Épisode n°2 : Omerta

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Décembre 1995, un père de famille habitant la banlieue de Pau apprend que son fils adolescent est victime de sévices graves au sein de l’Internat de l’Institution Notre Dame de Betharram. Vingt minutes plus tard, les deux parents déboulent à l’établissement situé au pied des montagnes.

Violence et loi du silence : une pédagogie novatrice à Notre Dame de Betharram
Violence et loi du silence : une pédagogie novatrice à Notre Dame de Betharram © Getty - Westend61

Jean-François est en colère. Il demande à voir le directeur de l’établissement. Mais son bureau est vide à cette heure de la nuit. Ni une, ni deux, le père de famille emmène son jeune fils et le conduit aux urgences de l’hôpital de Pau. Un médecin examine l’adolescent en état de choc. Selon le certificat, Marc présente une incapacité totale de travail de trois jours. Le père de famille ne décolère pas. La discipline en milieu scolaire par la violence, c’est une pratique d’un autre âge. C’est en tout cas inadmissible au vingtième siècle ! Jean-François remue ciel et terre. Il alerte l’association des parents d’élèves afin qu’ils réagissent à leur tour. En pure perte. Personne ne bronche. Révolté par cette Loi du silence, le père de famille rédige un tract qu’il distribue à la sortie de l’établissement le 8 décembre 1995. Démarche impardonnable aux yeux du directeur, le Père Vincent Landel, qui l’accuse de mener une croisade contre la réputation de l’institution.

Aucun soutien parmi les parents d’élèves

Mais pire, il est sommé de présenter… des excuses et sa démission du bureau de l’association ! Impensable, pour l’artisan de Gelos qui estime avoir dénoncé une odieuse vérité. Révolté de passer pour le vilain canard, le père de famille met l’affaire entre les mains de la justice. Le parquet de Pau ordonne aussitôt l’ouverture d’une enquête. La plainte finit par délier quelques langues. Françoise, une professeure de mathématiques en fonction depuis la rentrée de septembre, brise à son tour l’omerta. L’enseignante quadragénaire se dit ulcérée par le climat de violence qui règne au sein de l’Institution catholique. Tantôt, c’est elle qui écope d’une fracture du nez par un élève turbulent. Tantôt, elle surprend les surveillants giflant copieusement des élèves. Derrière les hauts murs blancs de l’Institution fondée en 1853, le malaise devient de plus en plus palpable.

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