Replay du mercredi 16 septembre 2020

Vendu au diable, épisode n°3 : le piège (affaire Vincent Elicabide)

Une des plus terrifiantes affaires criminelles de notre Région. En septembre 1840, un séminariste souletin, enseignant à Notre Dame de Bétharram, fait la Une des gazettes en France. Tout a commencé, le 14 mars, près d’une Gare parisienne…

Paris, où Vincent Elicabide va sévir
Paris, où Vincent Elicabide va sévir © Getty - DEA / J. L. CHARMET

Il y a foule dans la grande cour de cette gare parisienne. Le jeune Joseph Anizat débarque, valise à la main, dans l’après-midi du 14 mars 1840. Comme prévu, Vincent Elicabide est là. Il se jette sur le gamin qu’il prend dans ses bras et comble d’embrassades. Épuisé par ce long voyage en diligence depuis Pau, Joseph serre, confiant, la main de cet homme qui l’entraîne à pied, à la découverte de plusieurs quartiers de la Capitale. Le bambin est émerveillé. L’heure du dîner arrive. Avant de regagner ce qu’Elicabide dit être son domicile, le trentenaire pousse la porte d’un restaurant. L’adulte et l’enfant font bombance. Rien n’est de trop. A la fin du repas, Elicabide se met à écrire une lettre sur un coin de table. Il y raconte que Joseph est bien arrivé, qu’il est émerveillé, et qu’il serait ravi que la jeune femme et sa fille cadette viennent les rejoindre ici, à Paris. Elicabide tend même le stylo au garçonnet afin qu’il écrive un petit mot à sa maman. 

« Ma chère maman, je suis bien arrivé. Paris est bien beau. Je crois que je m’y plairai beaucoup. Adieu, je t’embrasse tendrement ainsi que ma sœur Mathilde ». Signé « ton fils, Joseph ». La jeune maman reçoit la lettre quelques jours plus tard. En lisant ce mot si tendre, Marie n’imagine pas un instant que son fils n’est plus de ce monde. En sortant du restaurant, Vincent Elicabide l’a conduit dans un endroit sombre, près des abattoirs du quartier de la Villette. Dans un recoin, il s’est emparé d’un marteau qu’il dissimulait sous sa veste. Il a frappé l’enfant à plusieurs reprises avant… de l’égorger. Des passants ont découvert son corps le lendemain. Le gamin n’ayant aucun document sur lui, il n’a pu être identifié. Elicabide fait comme si de rien n’était. Il envoie de nouvelles lettres d’amour à Marie qu’il presse de les rejoindre à Paris. « Joseph se porte à merveille » écrit-il. Le 6 mai 1840, Marie Anizat se décide enfin. Elle part rejoindre son amant.

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