Replay du vendredi 18 septembre 2020

Vendu au diable, épisode n°5 : dernière heure (affaire Vincent Elicabide)

En septembre 1840, un séminariste de Notre Dame de Bétharram est accusé d’avoir assassiné un gamin de 11 ans, sa maman et sa jeune sœur. Il est interpellé vite après. Les policiers et le juge veulent comprendre la clef de l’énigme…

Le procès de Vincent Elicabide s'est déroulé au Palais de Justice de Bordeaux
Le procès de Vincent Elicabide s'est déroulé au Palais de Justice de Bordeaux © Getty - Jean-Pierre BOUCHARD

Comment un séminariste respecté est-il devenu un triple assassin ? Plusieurs témoins brossent le portrait d’un Elicabide au tempérament brillant. Son caractère était sombre, peu communicatif. Était-il violent ? D’aucuns le décrivent parfois sévère avec ses élèves, n’hésitant pas à les châtier physiquement. En chœur, plusieurs témoins pointent un orgueil démesuré qui l’a déterminé à abandonner Bétharram pour le rêve d’une brillante carrière à Paris. De vilains mensonges jaillissent lorsque Vincent dissimule à l’élue de son cœur qu’il vit dans une profonde misère, lui qui affirme mener grand train ! Pourquoi alors faire venir le garçonnet à ses côtés alors qu’il n’a même pas de quoi se nourrir ? Pour lui dérober les quelques 100 francs que Joseph avait dans sa poche, selon certains. Pourquoi ensuite assassiner la mère et la fillette ? Pour éviter que Marie ne lève le voile de ses mensonges, lui, l’enseignant brillant qu’elle plaçait sur un piédestal

En septembre 1840, une impressionnante foule se presse au Palais de Justice de Bordeaux. Le triple assassin souletin s’affiche tantôt sarcastique, tantôt angoissé : « Je ne demande aucune grâce. Ma mort sera bien méritée ». L’accusé confie qu’il n’est pas fou, mais « un autre homme en proie à des idées sombres ».  A la barre, le ban et l’arrière ban de l’évêché de Bayonne et Notre-Dame de Bétharram défile. Chacun souligne la piété et la bonté de l’accusé qui a pourtant tué une mère et ses deux enfants. Selon ses proches, une puissance maléfique s’est emparée de son âme. Le diable, voilà une explication qui n’enchante guère l’avocat général. L’accusateur réclame la tête de l’assassin. Sans surprise, la cour prononce la peine capitale. Le président lui lance un commentaire : « Elicabide, vos crimes étaient trop grands pour que vous échappiez à la Justice des hommes ». Le jeune souletin finira en enfer, après un crochet par la guillotine.

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