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Simone Veil à l'assemblée nationale en 1974
Simone Veil à l'assemblée nationale en 1974 © Getty

Il était une Foi. Épisode n°1 : 300.000.

Diffusion du lundi 21 octobre 2019 Durée : 2min

Souvenez-vous : il y a 45 ans, la Ministre de la Santé, Simone Veil, présentait son projet de Loi en faveur de la légalisation de l’avortement. C’était à l’automne 1974, dans l’enceinte du Palais Bourbon, à Paris.

Elle est debout, seule, face à une assemblée d’hommes. Elle s’apprête à prononcer l’un des discours qui ont marqué l’histoire Parlementaire de la France. Elle, c’est Simone Veil. En mai 74, le tout jeune Président Valéry Giscard d’Estaing choisit cette Magistrate du Tribunal de Paris pour occuper le poste de Ministre de la Santé. Sa feuille de route est claire : Simone Veil devra faire voter l’un des projets de lois phares de la nouvelle mandature : celui qui permettra aux femmes dans le besoin de mettre volontairement un terme à leur grossesse. Ce 28 novembre 1974, l’ambiance est électrique au Palais Bourbon. Simone VEIL monte à la tribune. La Ministre respire un bon coup et se lance : « La Loi qui interdit l’avortement est aujourd’hui bafouée voire ridiculisée. Elles sont 300.000 chaque année. Aucune femme ne recourt de gaîté de cœur à l’avortement. Il doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue.

La Ministre affronte courageusement une opposition farouchement hostile

La Ministre fait un constat sinistre : en 74, les femmes souhaitant avorter, et les médecins qui les aident, risquent la Prison. Les plus riches se rendent en Angleterre ou aux Pays-Bas tandis que les plus démunies risquent leur vie en recourant à des « faiseuses d’anges ». Simone Veil propose que chaque femme dispose d’un droit encadré à l’avortement. Mais un droit égal pour toutes. Dans l’Assemblée, le discours passe mal. Un Député s’amuse à faire résonner les battements de cœur d’un fœtus tandis qu’un autre demande à l’ancienne rescapée du Camp d’Auschwitz, si « elle jetterait des embryons au four crématoire » ! En dépit de ces comportements imbéciles, la Loi Veil dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse est votée malgré l’opposition des 2/3 de la majorité et grâce à l’unanimité de l’opposition Socialiste. 18 ans plus tard, à Pau, des opposants à la Loi Veil décident de se faire bruyamment entendre.