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Militants et forces de l'ordre à l'Hôpital de Pau
Militants et forces de l'ordre à l'Hôpital de Pau © Getty

Il était une Foi. Épisode n°3 : « Envoyés de Dieu »

Diffusion du mercredi 23 octobre 2019 Durée : 2min

Cette affaire nous replonge dans l’histoire sensible de la fameuse Loi Veil votée au Parlement il y a 45 ans. Au printemps 92, un commando d’opposants à l’avortement décide de passer à l’action en envahissant le centre IVG de l’Hôpital de Pau. Que se passe-t-il ce Mardi 4 mai 1992 ?

Les policiers palois arrivent en nombre dans la salle de l’Hôpital où l’on pratique l’IVG. Face à eux, 4 manifestants sont enchaînés à la table d’opération, à l’aide de gros cadenas. « Sortez de là » ordonnent les Gardiens de la Paix ! En vain. Les policiers n’ont d’autre solution que de faire appel… aux Sapeurs-Pompiers afin qu’ils utilisent les pinces habituellement affectées à la désincarcération des véhicules accidentés ! L’affaire est grave : les manifestants se disent, certes, calmes et pacifiques, mais l’Hôpital déplore de lourds dégâts : le matériel chirurgical et les produits aseptisés sont hors d’usage. Du matériel a été détérioré. Le Substitut du Procureur, Frédérique Porterie, arrive sur place. Elle ouvre une enquête judiciaire sur le champ. Une fois la salle évacuée, le commando composé d’une vingtaine de militants est conduit au Poste de Police. L’intervention est à peine terminée que vers midi, un second commando recommence.

C’est à peine croyable : l’Hôpital est envahi une seconde fois en l’espace d’une matinée !

Pour la seconde fois, une dizaine de militants envahit le hall de l’Hôpital. Mais, cette fois, les Policiers rappliquent vite et en nombre. A 13h, ce sont 31 personnes qui s’entassent dans les geôles de garde à vue du Commissariat de la Rue O’Quin. Après de rapides vérifications d’identité, 27 d’entre elles sont libérées dans l’après-midi. Pour les 4 manifestants qui s’étaient enchaînés le matin, à la table d’opération, les choses se corsent : le Procureur de la République, Raymond Doumas, prolonge leur séjour au Poste pour 24h supplémentaires. Pèle mêle, il leur reproche d’avoir violé une propriété privée, d’avoir menacé les personnels soignants et enfin, d’avoir dégradé le matériel hospitalier. Face aux enquêteurs, les 4 manifestants refusent de répondre aux questions. Ils invoquent le droit de se taire, refusant notamment de dire pour le compte de qui ils agissent. Ces 4 manifestants n’ont pourtant rien de dangereux activistes