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Sorcière sur le bûcher - illustration
Sorcière sur le bûcher - illustration © Getty - picture alliance

Chasse aux Sorcières. Épisode n°4 : Les marques du Diable (Affaire Pierre de Lancre)

Diffusion du jeudi 31 octobre 2019 Durée : 2min

Il y a 410 ans, une redoutable chasse aux Sorcières s’est produite en Pays Basque à l’initiative du Roi Henri IV. En Juillet 1609, 2 magistrats Bordelais, dont Pierre de Lancre, débarquent dans la province du Labourd. Et la traque aux sorcières commence

En 4 mois, le juge de Lancre traversera 27 paroisses. Flanqué de ses huissiers, greffiers, interprètes en langue basque, et de son bourreau, le juge poursuit sa croisade contre le mal. Les témoins délateurs ne manquent pas : par jalousie ou par rivalité, les accusations pleuvent. Peu importe que les accusateurs soient des enfants, des ivrognes ou des simples d’esprit. Pour Pierre de Lancre, toute accusation est bonne à prendre. Qu’une femme soit dénoncée comme laide et sale et la voilà aussitôt interpellée, les fers aux pieds. Selon de Lancre, laideur et saleté sont les marques du Diable !
Face au Juge, les accusées doivent confesser leur pacte avec Satan et dénoncer leurs complices. Elles n’ont pas droit de se défendre. Point d’avocat à l’horizon. La condamnation à mort est prononcée et exécutée sur le champ. Sous les hurlements de la foule, le bourreau l’installe sur le bûcher. La présumée sorcière meurt ensuite brûlée vive.

Comment ce curieux chasseur de sorcières identifiait-il ces femmes de Satan ?

De Lancre croit détenir une méthode infaillible pour identifier celles qu’il accuse de sorcellerie : il s’agit de femmes qui se réuniraient, de nuit, à l’écart des villages, près des chapelles de la Rhune et de Sainte-Barbe. Là, elles participent aux fêtes nocturnes du sabbat. Le diable, représenté par un bouc, présiderait en personne ces cérémonies orgiaques lors desquelles les « Sorcières » renient leur foi chrétienne en piétinant les signes religieux du christianisme. Autre indice : le cidre basque !
De Lancre décèle dans ce breuvage l’incarnation du mal, en mémoire de la pomme offerte par Satan à Ève. Ultime indice, la marque du Diable que Satan déposerait sur le corps de ses sujets. Qui sont les accusées ?
Des bohémiennes, des marginales, des guérisseuses, qui paient de leur vie leur attachement à une certaine forme de liberté. Pour peu qu’elle se disent dotées de pouvoirs magiques, elles devenaient aussitôt une cible à abattre.