Replay du vendredi 21 septembre 2018

Aimer à perdre la Maison : Nouveau Départ (Affaire Léon Laclau)

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L’émouvante affaire du Père Laclau, curé à Asson. Au printemps 2007, ses supérieurs passent à l’action. Ils le démettent de ses fonctions.

Léon Laclau
Léon Laclau © Maxppp -

A l’évêché de Bayonne, l’attitude du Père Laclau frise la provocation. Noël 2006 approche. Le torchon brûle. Une dernière fois, la congrégation de Betharram rappelle Léon à ses devoirs : il doit mettre fin à cette relation contre nature. Pour le convaincre, on le presse d’accepter une nouvelle affectation… en Côte d’Ivoire. Loin du cœur, loin des yeux de Marga. Au Pays Basque, les proches de Léon s’inquiètent. Mais, il tient bon.  Il ne croit pas un instant aux menaces de l’Évêché. « Le scandale, mais quel scandale ? ». Le curé d’Asson rencontre ses fidèles chaque jour que Dieu fait. Personne ne lui fait de remarque. Début janvier, il envoie son supérieur promener : Non, il ne changera rien à sa relation avec Marga ! Malgré les menaces, Léon Laclau refuse d’être muté ailleurs. Il restera au service de l’église du Piemont ! A compter de cet instant, son sort est scellé.

Lorsqu’un curé devient « nuisible ou inefficace », le code canonique autorise l’évêque du Diocèse à s’en séparer. Une enquête interne est alors ouverte. Selon la Loi Vaticane, un curé peut être révoqué de sa paroisse, lorsque sa manière d’agir cause un trouble grave dans la communion ecclésiale. Le curé est alors invité à présenter sa démission. S’il s’y refuse, il est révoqué ! Avril 2007, l’évêque de Bayonne démet le curé d’Asson de ses fonctions. La tornade médiatique se met alors à souffler. Imperturbable, Mgr Moleres explique sa décision : « il fallait aider Léon à choisir » écrit-il. Selon l’évêque, le « Père Laclau menait une double vie, bafouant ses vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance ». Point final. Le 17 mai 2007, Mgr Moleres se déplace au village d’Asson. Les fidèles l’interpellent. Mais, en pure perte. Sa décision est irrévocable.

Les soutiens de Léon s’expriment nombreux et à haute voix. Beaucoup dénoncent l’hypocrisie d’une Église qui a laissé faire 20 longues années tandis que d’autres, dont le Maire de Coarraze, appellent « l’église à évoluer ». Pour Léon Laclau, la page de 28 années de sacerdoce se tourne. Il n’en veut à personne, lui qui demeure persuadé qu’une vie amoureuse peut se conjuguer à la passion pour l’évangile. Léon Laclau demeure Père de Betharram, sur le papier, mais l’ex-curé d’Asson a dû changer de voie et décrocher un emploi aux archives départementales. Léon rêve à haute voix : que le temps ressoude ce qui s’est cassé un jour d’avril 2007. A lui le mot de la fin : « Je suis sorti de la route que j’avais choisie. J’espère que cette route deviendra plus large pour que des hommes mariés deviennent un jour des hommes d’église ». C’était il y a 10 ans. En 2008...

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