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Le verdict tombe...
Le verdict tombe... © Getty

Ambition Mortelle : Faites entrer l’Accusé (Affaire Fauviau / Lagardère)

Diffusion du vendredi 26 octobre 2018 Durée : 2min

Juillet 2003, un instituteur Orthezien de 25 ans meurt d’un tragique accident de la circulation. Les gendarmes palois découvrent qu’il a été drogué à son insu par le père du jeune adversaire contre lequel il venait de disputer un match de tennis le jour des faits. Comme 27 autres victimes !

Mercredi 1er mars 2006, Christophe Fauviau s’assoit dans le box des accusés au palais de justice de Mont-de-Marsan. Les flashs et caméras crépitent : face à une véritable meute médiatique de 55 journalistes, Fauviau s’explique. Ses premiers mots, il les réserve pour les parents du jeune Orthezien, Alexandre Lagardère : « J’ai été totalement dépassé. J’ai agi par inconscience, j’avais perdu la raison. J’étais obsédé par la carrière tennistique de ma fille. Je souhaite qu’un jour, vous puissiez m’accorder votre pardon ». Plus de 63 témoins et experts défilent à la barre. Et une question lancinante : pourquoi ce père de famille sans histoire de 43 ans, retraité de l’armée de l’air, est-il subitement devenu un apprenti-sorcier des courts de tennis ? L’accusé le répète : « chaque match était, pour moi, un calvaire que je voulais abréger ». Une question se pose : la Ligue de Tennis savait-elle ? Fauviau l’affirme, mais rien ne le démontre.

Au nom de la société, l’Avocat Général Serge Mackowiack requiert 8 à 10 ans de prison contre Fauviau. Un accusé décrit comme calculateur et manipulateur, « qui mettait ses proies en confiance », pour lequel « la fin justifie les moyens ». « Vous pompiez la réussite de votre fille pour vous l’approprier » conclut, cinglant, le Procureur de Dax. En défense, Pierre Blazy dresse le portrait d’un époux admirable et d’un père parfait : « un type bien si le tennis n’était pas entré dans sa vie ». Le pénaliste Bordelais s’insurge : « vous ne jugez pas Machiavel mais un fondu, un fêlé ». Dignement, le papa d’Alexandre Lagardère écoute et pleure en silence : « Fauviau nous a condamné au désespoir et au souvenir ». Après un court délibéré, la Cour d’Assises présidée par Michel Le Maître condamne Christophe Fauviau à 8 années de prison. Une peine basse face au désastre. Un jeune décédé une nuit de juillet 2003, pour l’orgueil d’un accusé...