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Fin de parcours pour l'escroc Béarnais...
Fin de parcours pour l'escroc Béarnais... © Getty

Attrape Gogos : Escroc un jour, Escroc toujours (Affaire C 21)

Diffusion du vendredi 12 octobre 2018 Durée : 2min

« C 21 », ou l’histoire d’une pilule alimentaire qui tourne à l’embrouille politique. A l’hiver 1996, Denis Allet annonce l’ouverture d’une usine qui révolutionnera la conservation des fruits et légumes. Au Pays Basque, puis en Béarn, le projet alléchant tourne finalement au fiasco...

En Béarn et au Pays Basque, le mirifique projet « Conserver 21 » tombe peu à peu aux oubliettes. L’annonce de ce formidable vivier d’emplois n’aura duré que le temps d’une campagne électorale. En Mai 1996, Denis Allet s’offre le luxe de faire la une d’un reportage télévisé diffusé au 20h de TF1, le journal télévisé le plus regardé en métropole. Une fois encore, le jeune homme vante les mérites de son granulé révolutionnaire. L’hebdomadaire Paris Match en rajoute une couche. Le Béarnais Denis Allet y est présenté comme l’un des hommes les plus riches de la planète. A l’entendre, il aurait signé de juteux contrats de commercialisation de plusieurs millions de dollars. Tout est faux ! Un an plus tard, Denis Allet réapparaît en Normandie. Cette fois, il refait le coup de l’ouverture prochaine d’usine au député UDF, Yves Bonnet, ex-patron de la DST. 

L’ex grand chef du contre-espionnage Français, Yves Bonnet, s’est reconverti en politique en devenant conseiller général de la Manche. Lui aussi voyait d’un bon œil l’implantation d’une usine créant plusieurs centaines de nouveaux emplois dans son département. A son tour, il tombe dans le panneau. A Paris, les tribulations de l’escroc Denis Allet finissent par attirer la juge d’instruction Laurence Vichnievsky. La juge, qui a instruit la tentaculaire affaire ELF, enquête sur de possibles escroqueries. Elle soupçonne Denis Allet d’agiter le spectre de la création d’usines pour escroquer massivement des investisseurs français et étrangers avant de détourner ces sommes vers des cieux plus accueillants. Mars 1997, « l’ex-inventeur » de la pilule miracle part en prison. Conserver 21 n’était rien d’autre qu’une gigantesque escroquerie.

Denis Allet multiplie autant les fausses promesses que les identités d’emprunt. Disant s’appeler « Joubert » ou « Cousinet », il affirme qu’il a été « manipulé par les services secrets français ». Rien de moins. Fin de l’enquête : le granulé C21 aura finalement séché davantage les portefeuilles que les tomates. En une année, Conserver 21 a creusé un trou de 70 millions d’euros. Des sommes colossales qui ont servi à financer le somptueux train de vie de l’escroc Béarnais. Pour ce gigantesque coup fumant, Denis Allet écope d’une condamnation symbolique en 2005 : 2 ans de prison ferme. A Urrugne et à Sauveterre, certains se souviennent encore du passage et des promesses d’Allet. Les 500 nouveaux emplois auront surtout servi à gagner des voix électorales. Après tout, les promesses n’engagent souvent que ceux qui les écoutent...