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Un escroc dans l'agro...
Un escroc dans l'agro... © Getty

Attrape Gogos : L’Escroc lumineux (Affaire C 21)

Diffusion du mercredi 10 octobre 2018 Durée : 2min

A l’été 1995, un trentenaire natif de Salles-Mongiscard, près d’Orthez, crée l’évènement : il annonce l’ouverture d’une usine qui fabriquera une pilule miraculeuse qui va révolutionner la conservation des fruits et légumes. Mais, 4 mois plus tard, le projet tourne court...

Bizarrement, Denis Allet est aux abonnés absents. Son téléphone est injoignable. Officiellement, il est en déplacement à l’étranger. Sur la côte Basque, c’est la désillusion : les futures partenaires de Conserver Invest découvrent, ébahis, que les adresses prestigieuses à Amsterdam, Bruxelles, ou Monaco pompeusement étalées sur sa carte de visite sont de simples boîtes à lettres. Mieux, son prétendu laboratoire en Espagne n’est qu’un vulgaire four à maïs. Enfin, le granulé Conserver 21 vanté comme un produit miracle, à grand renfort d’annonces médiatiques, n’a jamais existé ! Il n’est que le pâle copier-coller d’un brevet déposé 15 ans plus tôt. Dans la communauté scientifique, chacun s’accorde : ce brevet ne marche pas ! En résumé, Denis Allet a vendu du vent. Alerté, le procureur de Bayonne ouvre une enquête pour escroquerie confiée à la PJ. 

La PJ de Bayonne passe le nom du flamboyant milliardaire au fichier. Nouvelle désillusion : Denis Allet est un escroc condamné à plusieurs reprises. Interdit bancaire, interdit de gérer, l’ex-client des palaces les plus luxueux a aussi fréquenté la paille des prisons de Nice, Fleury-Merogis et Pau. L’affaire fait grand bruit sur la côte Basque. Chacun devine que l’usine Conserver 21 ne verra jamais le jour. Michèle Alliot-Marie et Daniel Poulou essuient une pluie de critiques. Les syndicats et autres partis d’opposition leur reproche, au mieux, leur manque de prudence, au pire, leur duplicité pour avoir trompé leurs électeurs. Candidat malheureux aux législatives, Richard Irazusta dépose plainte contre MAM auprès du parquet de Bayonne. Il lui reproche d’avoir sciemment faussé les résultats du scrutin en diffusant de fausses nouvelles.

La justice refuse d’enquêter. Motif : les faits sont prescrits car la plainte est trop tardive. Nul ne saura jamais si l’élection législative partielle de septembre 1995 a profité ou pas des promesses d’embauche alléchantes et mensongères de l’usine fantôme Conserver 21. Sur la côte, ceux qui s’affichaient fièrement aux côtés de Denis Allet évitent dorénavant de prononcer son nom. Assaillie de critiques, la maire de Saint-Jean-de-Luz rétropédale. Elle affirme qu’elle ne s’est jamais engagée sur un nombre d’emplois précis. Ses électeurs apprécieront. Par chance, la tentative d’arnaque de Denis Allet a été déjouée à temps. Aucun fonds public de l’État n’a été déboursé. Depuis Paris, l’escroc s’indigne. Il dément les « fausses informations » à son sujet. A l’écouter, les Basques seraient bien trop sourcilleux. Puisque c’est ainsi, il lorgne du côté du Béarn...