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Plongée en 1917
Plongée en 1917 © Getty

Au Malheur des Dames : La France est en Guerre (Affaire Les fusillés pour l’exemple)

Diffusion du lundi 5 novembre 2018 Durée : 3min

Un siècle après la fin de la grande guerre, qui étaient donc les soldats fusillés pour l’exemple ? Un matin de Juin 1917, 3 soldats du 18ème régiment d’Infanterie finissent sur le poteau d’exécution. En Béarn et au Pays Basque, certains se souviennent…

Martine habite le petit village d’Aydius, niché au cœur de la vallée d’Aspe. Au gré des rencontres, elle a souvent entendu parler de Jean-Louis, le frère aîné de sa grand-mère Joséphine. Un matin d’août 1914, le destin du jeune montagnard a basculé. Dans toutes les communes de France, un ordre de mobilisation générale a été placardé à la porte de la mairie du village. La France entre en guerre. Le jour même, tous les hommes âgés de 20 à 48 ans ont l’ordre de rejoindre la caserne militaire la plus proche. Sans enthousiasme mais par devoir, Jean-Louis quitte ferme, parents et moissons dès le lendemain. Il emprunte ce long chemin de 7Kms de terre qui le mène à la gare de Bedous. Direction, le 18ème Régiment d’Infanterie basé à Pau. Parmi des centaines de jeunes Basques, Béarnais et Landais, Jean-Louis monte, le 6 août 1914, à bord du train bondé qui les conduit vers la frontière franco-allemande, dans l’est du pays. 

Jean-Louis Lasplacettes a vu le jour le 26 août 1887 à Aydius, à deux pas de la frontière avec l’Espagne. 2 années durant, il accomplit son service militaire de 1908 à 1910, avant de rejoindre la ferme familiale où il cultive les terres reçues de ses parents. Mobilisé le 4 août 1914, il participe à toutes les campagnes de son régiment : la Marne, Verdun, le Chemin des Dames. Son courage est tel qu’il est cité à l’ordre de son régiment le 19 avril 1917 : « excellent soldat depuis le début de la campagne, toujours volontaire pour les missions périlleuses ». Parmi ses faits de gloire, il a fait prisonnier une vingtaine de soldats et officiers allemands en septembre 1916. En ce printemps 1917, 3 années ont passé. La guerre se durcit davantage. Une vaste offensive est engagée sur le chemin des Dames, près de Craonne, dans l’Aisne. Au matin du 27 mai 1917, le 18ème régiment d’Infanterie est stationné dans le village de Villers-sur-Fère. 

Le Chemin des Dames est une route de pierre qui s’étire sur une trentaine de kilomètres entre Craonne et la plaine de Reims. Empruntée autrefois par les filles du roi Louis XV, cette voie porte le nom de l’un des épisodes majeurs de la grande guerre. C’est là que des centaines de soldats basques, béarnais et landais ont vaillamment combattu lors de l’offensive déclenchée par le Général Robert Nivelle. L’offensive du 16 avril est un carnage : mal préparés, ils tentent de reconquérir ces plateaux solidement défendus par l’armée allemande. Mais à quel prix ? 16.000 morts, 20.000 disparus, 65.000 blessés… Dans les rangs du 18ème RI Palois et du 249ème RI Bayonnais, le moral est au plus bas : à quoi bon se battre pour finir comme de la chair à canon ? Le 27 mai 1917, une mutinerie éclate. Plusieurs troupiers refusent d’embarquer. Parmi eux, le soldat Lasplacettes est désigné comme l’un des meneurs. Il pourrait le payer chèrement...