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L'agresseur sera-t-il incarcéré ?
L'agresseur sera-t-il incarcéré ? © Getty

Bis REPETITA. Épisode n°5 : Non-Lieu. (Affaire Douste-Blazy/Cifti)

Diffusion du vendredi 3 mai 2019 Durée : 2min

A Lourdes, le 2 Mai 1997, le maire de la ville, Philippe Douste-Blazy est poignardé par un inconnu alors qu’il est en campagne pour l’élection législative du mois suivant. Le suspect, arrêté peu après, présente un profil psychiatrique inquiétant…

Le juge d’instruction Philippe Ballu doit répondre à une question cruciale : Adnan Cifti était-il sain d’esprit lorsqu’il a poignardé le ministre et maire de Lourdes, Philippe Douste-Blazy ? Dans l’affirmative, l’homme sera traduit devant les jurés de la Cour d’Assises des Hautes-Pyrénées. Pour ce crime gravissime, il risque la prison à vie. Si la réponse des experts psychiatres est négative, l’homme échappera à toute sanction. Comme en 1992. Cette année-là, Adnan Cifti brandit un tournevis au visage du maire de Lourdes. Motif : on a refusé de lui offrir une place pour le spectacle de Pierre Palmade ! Déclaré irresponsable à raison de troubles psychiques, Cifti a été interné durant 4 ans. Depuis 8 mois, il était en sortie thérapeutique expérimentale…

La mairie de Lourdes reçoit des milliers de témoignages d’amitié à son édile. Des anonymes, des politiques. A l’Hôpital Purpan, Philippe Douste-Blazy se remet lentement d’une agression qui aurait pu être fatale. Des visages connus viennent en amis : Alain Juppé, François Bayrou, Dominique Baudis… Seule déception, le ministre de la Culture manquera la cérémonie d’ouverture du 50ème festival de Cannes prévue le 7 mai. Rétrospectivement, beaucoup réalisent ce que l’activité politique comporte de risque. A Lourdes, le maire avait promis « d’ouvrir sa porte à tous les Lourdais ». « Pourquoi craindre la violence de ceux sur lesquels on veille ? » C’est au nom de cette proximité affective avec ses électeurs que M. le maire refusait toute protection. 

Selon les experts psychiatres, Adnan Cifti souffrait d’un trouble mental qui a aboli son discernement lorsqu’il a poignardé sa victime. Pour la seconde fois, Adnan Cifti échappe à la justice des hommes. Bis Repetita. S’il avait frappé sa victime près du cœur, son geste aurait été fatal. Celui que les Lourdais ont élu maire en 1989 s’est installé dans le fauteuil occupé, 30 ans plus tôt, par son grand-père maternel, Antoine Beguere. L’homme fort du FCL s’est éteint d’un arrêt cardiaque, en plein match de rugby. Emporté alors qu’il était le sénateur maire de la ville. En 1997, l’histoire a bien failli se répéter. Contre son agresseur, Philippe Douste-Blazy dit n’avoir conservé aucune amertume. Miséricordieux, il conclut : « Je pense à sa souffrance psychique »...