Replay du mardi 26 février 2019

Chasses à l’Homme. Épisode n°2 : Garde à Vue.

Le 4 mars 1984, les policiers palois ouvrent une enquête : aux abords du Casino Municipal, ils découvrent le corps d’un brocanteur basque espagnol habitant la province du Guipuzcoa. Thierry Sagardoytho nous raconte les premières investigations.

Château de Pau
Château de Pau © Getty

Le soleil se lève peu à peu au matin du dimanche 4 mars 1984. Le verdoyant Parc Beaumont, habituellement livré aux joggers, est bouclé par la police. Interdiction à quiconque d’approcher ! Un groupe de 5 enquêteurs achève les premières constatations. Selon le médecin légiste, la victime a été violemment frappée à la tête par son ou ses agresseurs. Il se sont acharnés sur lui avec une telle violence que le piquet en bois soutenant le filet de tennis s’est cassé en 2 morceaux. Les Policiers rentrent au Commissariat. José, l’homme qui a donné l’alerte, est longuement entendu par les limiers de la Crim’. Quelque chose cloche dans son récit. Pourquoi la malheureuse victime s’est-elle éloignée de son véhicule ? Qu’est-elle allée faire à l’intérieur du parc de tennis ? Mystère.

Pour les Policiers, José est un témoin clef. Il se présente comme le compagnon de la victime. A l’entendre, les 2 hommes seraient arrivés dans la cité Royale vers 23h30. Arrivant de la province basque du Guipozcoa, ils avaient réservé, par avance, une chambre pour la nuit dans un hôtel du centre-ville. « Pourquoi donc une telle virée ici, après plusieurs heures de route ? ». Selon José, les 2 hommes étaient des mordus de la brocante. Dimanche matin, ils projetaient d’aller chiner au marché des antiquités qui se tient, chaque week-end, place du Foirail… « Bizarre » se dit l’enquêteur qui se met à douter. S’ils venaient chiner, que faisaient-ils donc ensemble à cette heure avancée de la nuit, au lieu de se reposer à l’hôtel ? Le témoin semble fuyant. Comme mal à l’aise.

Pour les limiers de la brigade criminelle, José détient la clef de l’énigme. Il est le dernier homme à avoir vu Jésus vivant. Dit-il la vérité ou bien cache-t-il quelque chose ? A la fin de sa longue audition, José signe son PV. Il manque de s’évanouir lorsque l’Inspecteur lui indique qu’il le place, dorénavant, en garde à vue. Motif : meurtre de Jésus Gastanage ! Les Policiers ont de solides raisons d’être prudents. La victime est un homme originaire du Guipuzcoa. Au Pays Basque Sud, les attentats, enlèvements et assassinats s’y succèdent à une cadence infernale. Des crimes revendiqués par ETA militaire. Au nord, d’Hendaye à Biarritz, des commandos du GAL exécutent des activistes présumés. Jésus serait une victime du GAL que ça ne les étonnerait pas.

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