Replay du vendredi 1 mars 2019

Chasses à l’Homme. Épisode n°5 : Virée de nuit.

4 mars 1984, un jeune brocanteur habitant Tolosa en Guipuzcoa est violemment passé à tabac par une bande de 6 loubards, près du Casino Municipal de Pau. Selon l’enquête, c’est un crime homophobe. Les enquêteurs sont sur les dents. En un temps éclair, 6 suspects sont interpellés…

Le verdict tombe pour les 6 accusés
Le verdict tombe pour les 6 accusés © Getty

Il aura fallu 4 jours d’enquête, à peine, pour que les policiers présentent 6 suspects à la Justice. 5 d’entre eux sont mineurs : l’un se destine à la Marine, l’autre à la coiffure, tandis que leurs camarades étudient sur les bancs du lycée. Dominique, le chef de la meute, a 18 ans et quelques jours. Leur jeunesse excuse-t-elle la lâcheté et la gravité de cette agression crapuleuse ? Face au Juge d’instruction, Michel Le Maître, ils plaident coupables en chœur. Pour « s’amuser et pour voler », ils ont passé le jeune brocanteur basque à tabac, lui dérobant une bague, avant de prendre la fuite. Mesuraient-ils que cette agression serait mortelle ? Aucunement à les entendre ! Inculpés de coups mortels avec préméditation, les 6 loubards dorment le soir même derrière les barreaux. 

Selon l’enquête, les 6 adolescents avaient pris la fâcheuse habitude d’achever leurs soirées alcoolisées en chassant des homosexuels au parc Beaumont. Des actes stupides qui ont fait d’eux des meurtriers. Ce dimanche matin, c’est par le plus cruel des hasards qu’ils ont croisé la route de Jésus Gastanaga. Aucun des suspects ne connaissait ce brocanteur de 38 ans, arrivé la veille de Tolosa, une ville du Guipuzcoa. Ils se sont pourtant acharnés sur le malheureux avec une rare violence. Selon l’autopsie, il a été cogné à mains nues, à coups de pied et à l’aide d’un pieu. Selon les experts psychiatres, ces 6 suspects sont profondément immatures, mais ils sont pleinement responsables de leurs actes. Selon la loi, ils risquent 20 longues années de prison.

Février 1985, 1 an a passé. Les suspects ont grandi et sans doute mûri. Mineurs pour la plupart, les 6 accusés répondent du « crime du Parc Beaumont » dans l’imposante salle des assises, au Palais de Justice de Pau. Face à 3 magistrats et 9 jurés venus du Pays Basque et du Béarn, ils font pâle figure. Ont-ils réalisé que leur virée nocturne du 4 mars 1984 a fait d’eux des meurtriers ? Des accusés lâches et amnésiques lorsqu’il s’agit de dire où est passée la bague de valeur volée sur le malheureux. Inadmissible pour l’Avocat Général Maurice Muller qui requiert 15 années de réclusion criminelle contre chacun. Après un court délibéré, le verdict tombe : de 18 mois à 3 ans de prison ferme. Des peines d’une rare indulgence. A croire que la bêtise excuse parfois la cruauté...

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