Toutes les émissions

Affaires classées

Nul n'échappe à la justice...
Nul n'échappe à la justice... © Getty

Évasion pour l’Échafaud : Bois de Justice (Affaire Daubagna-Darget-Menaut)

Diffusion du vendredi 7 septembre 2018 Durée : 2min

Nous sommes en avril 1894, un jeune détenu Bayonnais s’évade avec 2 autres de la minuscule prison d’Orthez. Mais, juste avant, ils ont étranglé le gardien-chef ! Rattrapés 3 jours plus tard, leur procès s’ouvre en août de la même année au Palais de Justice de Pau.

Mercredi 8 août 1894. 4 mois seulement ont passé depuis le drame sanglant de la prison d’Orthez. La Cour d’Assises réunit les jurés basques et béarnais au palais de justice de Pau. Alléchée par ce procès sensationnel, la presse nationale dépêche ses chroniqueurs tandis que la foule hurlante se presse aux portes de la salle d’audience. Au nom de la Société, le procureur général Barailler ne reconnaît aucune circonstance atténuante à ces 3 brigands prêts à tout pour s’évader. L’idée de l’évasion revient à Daubagna. Séduit, Menaut suggère qu’il faudra se débarrasser du gardien-chef Moula et son épouse pour mener le projet à bien. Contre ces 2 là, l’homme en rouge requiert la peine capitale ! Le 3ème accusé, moins impliqué, trouve davantage grâce à ses yeux. Contre lui, il requiert les travaux forcés à perpétuité. Le jury part délibérer…

Après un court délibéré, les 3 accusés sont déclarés coupables des crimes reprochés. Daubagna et Menaut auront la tête tranchée. Lacoste-Darget, en revanche, finira au bagne. Mais le sort en décide autrement. Un juré commit l’imprudence de papoter dans le couloir avec la veuve Moula. Impardonnable en droit. Le dossier monte donc à la Cour de Cassation qui annule illico le verdict palois. Novembre 1894, Daubagna et Menaut sont rejugés à Mont-de-Marsan. Sauveront-ils leur tête ? Pas davantage. Le 2 janvier 1895 au matin, le bourreau de la République arrive en gare de Mont-de-Marsan. Il installe méthodiquement la guillotine, surnommée « bois de justice ». Le lendemain matin, les 2 condamnés sont réveillés à 6h. Après une messe, un repas, et une ultime cigarette, ils sont livrés à l’exécuteur. Seule la guillotine a libéré les 2 ex-évadés...