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Feu au poste
Feu au poste © Getty

Feu au Poste : Boules de Feu (Affaire Incendie Poste Ronsard)

Diffusion du lundi 1 octobre 2018 Durée : 2min

Septembre 2003, une dizaine d’individus cagoulés incendient le poste de police Ronsard en périphérie de Pau. Trois gardiens de la paix ont bien failli périr en service. Que s'est-il exactement passé ?

La colère gronde en ce milieu de journée. Dans la cité réputée difficile de l’Ousse des Bois à Pau, plusieurs dizaines de jeunes se rassemblent discrètement. La veille, la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques a rendu son verdict dans l’affaire du meurtre de Saïd Barara, un jeune homme du quartier tué, 3 ans plus tôt, d’un coup de couteau en pleine poitrine par le portier d’une boîte de nuit paloise. Verdict : 6 ans de prison. Une peine extraordinairement indulgente face aux 12 années de réclusion requises la veille par le procureur général. A leurs yeux, cette décision de justice sonne comme une profonde injustice, comme si Saïd était mort pour rien. Certains confessent à demi-mot : « Ça va péter » … Il se murmure que ce soir ou cette nuit, un commando d’émeutiers pourrait bien mettre le feu à 2 symboles forts de l’État : le palais de justice et l’hôtel de police de Pau.

Seul obstacle à ce projet : ces deux édifices sont situés en plein centre-ville. Trop risqué selon certains qui redoutent une intervention rapide des forces de l’ordre. Décision est prise de s’en prendre au poste de police Ronsard. Depuis 3 ans, la police de proximité occupe le rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation installé 181 boulevard de la Paix, au cœur de ce quartier populaire. La cible est d’autant plus séduisante que le samedi après-midi, les fonctionnaires y sont présents à effectif réduit. En ce samedi 27 septembre 2003, le gardien de la paix Bernard Elgoyhen vaque à des tâches administratives. Il est assisté de Xavier et Sylvain, 2 jeunes policiers en formation. L’après-midi est calme. Soudain, c’est le drame. Un homme cagoulé explose la vitre du poste d’accueil. Il jette un bidon enflammé qui crée une énorme boule de feu. En un instant, le local s’embrase.

Au même instant, une dizaine d’individus cagoulés jettent un second bidon incendiaire en direction du gardien Elgoyhen. Une seconde plus tard, ils incendient le véhicule de police Renault Scénic stationné face à la porte. Pour assurer sa survie et celle de ses 2 jeunes collègues, Bernard Elgoyhen s’empare de son arme de service. Il pointe le visage cagoulé de l’un des incendiaires. Leurs regards se croisent, « des yeux de loup » dira le policier. Il lui laisse pourtant la vie sauve. En un instant, le commando s’évapore en courant. Les 3 policiers réussissent miraculeusement à s’extraire du local en feu. D’impressionnantes flammes de 5 mètres de hauteur lèchent la façade de l’immeuble. Dans la résidence, c’est la panique. Les habitants hurlent au secours. Il est 15h18. Sans leur extraordinaire sang-froid, 3 policiers ont bien failli périr ce samedi après-midi à Pau...