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L'étau se resserre ?
L'étau se resserre ? © Getty

Feu au Poste : Cité sensible (Affaire Incendie Poste Ronsard)

Diffusion du jeudi 4 octobre 2018 Durée : 3min

Chez nos voisins Palois, le poste de police de proximité Ronsard est incendié par une dizaine d’individus cagoulés. L’enquête menée, de Bayonne à Pau, par les policiers de la PJ semble d’autant plus rude que le quartier est réputé sensible…

En 2002, la cité Paloise de l’Ousse des Bois figurait sur une liste de 25 quartiers réputés sensibles au ministère de l’intérieur. Rien à voir avec les grandes cités de l’Ile de France, de Marseille ou de Lyon : 5 barres d’immeubles, 3 tours, 24 nationalités pour moins de 2.000 habitants. Et pourtant. En 10 ans, ce quartier défavorisé a connu son lot de meurtres, de nuits d’émeutes, et de trafics de stupéfiants à grande échelle. 2 semaines après l’incendie du poste de police Ronsard, la PJ tient une liste de suspects. Des noms récoltés anonymement sous le manteau, grâce aux indics des Renseignements Généraux. Insuffisant pour les interpeller. Le 6 octobre 2003, le chef d’enquête pond une note : « La plupart des témoins, habitant le quartier, ne souhaite pas enregistrer leur déposition, par peur de représailles ». Un mystérieux témoin anonyme fait son apparition.

Janvier 2004, les policiers interpellent Fouad, un habitant du quartier âgé de 22 ans. Suspecté d’être l’un des incendiaires, il nie avec force toute implication. Certes, il était bien dans le secteur au moment du drame. Certes, il ressemble furieusement au portrait-robot dressé par l’un des policiers miraculés. La main sur le cœur, il répète qu’il n’y est pour rien ! Après 3 interrogatoires truffés de mensonges, l’accusé Fouad devient accusateur. Il balance : peu après l’incendie, il a aperçu une quinzaine d’individus cagoulés courant depuis le poste Ronsard en direction de la cité de l’Ousse. Planqué derrière un muret, il dit qu’il a « tout vu » : les incendiaires auraient enlevé leurs cagoules et gants avant de les brûler pour les faire disparaître. A l’écouter, Fouad sait donc qui sont les criminels. Il égrène une liste de 8 noms. Des noms connus aux oreilles de la police.

Selon Fouad, le chef de la bande, c’est Youssef, un multirécidiviste déjà dans le viseur des RG. Le gardé à vue dit-il la vérité ou bien balance-t-il pour mieux s’exonérer ? Fouad était pourtant identifié comme étant l’un des assaillants... Les policiers sont convaincus que le jeune homme dit vrai. « Il prendrait d’énormes risques de représailles s’il mentait ». De suspect, Fouad devient le témoin clé de l’enquête. Un pari très risqué car l’alibi du jeune homme est fragile. Et à l’endroit où les assaillants auraient calciné leurs cagoules et gants, aucune trace de combustion n’a été découverte. Peu importe. Fouad est libéré, blanchi de toute suspicion. Le risque devient majeur que la PJ fonce droit dans le mur. Mardi 13 janvier 2004, les enquêteurs des antennes de Pau et Bayonne réveillent 8 jeunes suspects à l’heure du laitier. Menottés, leur garde à vue criminelle durera 48h...