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Les projecteurs sont braqués sur la ville de Pau...
Les projecteurs sont braqués sur la ville de Pau... © Getty

Feu au Poste : Le ministre déboule (Affaire Incendie Poste Ronsard)

Diffusion du mardi 2 octobre 2018 Durée : 2min

Samedi 27 septembre 2003, les journaux télévisés du soir braquaient les projecteurs sur Pau, où une dizaine d’individus cagoulés venaient d’incendier un poste de police de proximité. Un drame qui aurait pu coûter la vie à 3 gardiens de la paix...

Dans l’immeuble, les personnes âgées et handicapées qui l’habitent hurlent de peur aux fenêtres. Impossible de sortir : les escaliers sont envahis par la fumée tandis que d’impressionnantes flammes ravagent la façade. La résidence « Les Victoriannes » ressemble à une torche. Dans l’attente de l’arrivée des pompiers, les minutes qui s’écoulent semblent une éternité. « Que font-ils ? » hurlent les curieux et les enfants qui s’amassent en nombre. 10 minutes plus tard, les soldats du feu arrivent. D’importants moyens sont engagés. En une demi-heure, le sinistre est circonscrit. Tous les effectifs disponibles du commissariat rappliquent. Le préfet Pierre Dartout, suivi du procureur Jean-Pierre Dreno, arrive sur place. Les 3 policiers l’ont échappé belle. Ils doivent leur survie au plus âgé d’entre eux. En sortant son arme, il a mis les assaillants en fuite.

Selon le commissaire Jean-Paul Ortet, « ces incendiaires ne sont pas des voyous mais des assassins en puissance. Leur geste est monstrueux et criminel ». De mémoire de flic, jamais un poste de police n’avait été incendié depuis la guerre d’Algérie… L’enquête sera rude. Elle est confiée à la Police Judiciaire. Aussitôt, d’importants effectifs sont envoyés en renfort depuis Bayonne et Bordeaux. La traque commence : constatations techniques, auditions de témoins, téléphonie, tout y passe. La ville de Pau est sous le choc. Du maire André Labarrere au préfet en passant par les députés et sénateurs du département, chacun condamne fermement l’attentat perpétré à Pau. Le soir même, depuis son bureau de la Place Beauveau, le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy exprime son soutien aux 3 policiers miraculés. Mardi suivant, le ministre déboule à Pau. 

Mardi 1er Octobre, Nicolas Sarkozy pose le pied à l’aéroport. Dans la cour d’honneur du commissariat central, il rassure et regonfle le moral des troupes : « J’entends marquer avec force la présence de l’État à Pau. A force de tolérer l’intolérable, voilà ce qui arrive ». Saluant le sang-froid exceptionnel des 3 policiers survivants, Nicolas Sarkozy les décore de la médaille d’Or et de Bronze pour acte de courage et de dévouement. « Ne reculez pas d’un centimètre » commande le ministre qui multiplie les promesses : « Vous aurez des moyens, du matériel, des renforts. ». Nicolas Sarkozy se fait prophète : « l’enquête ira vite. Il faut des résultats ! Les voyous finiront devant la Justice ». Le ministre tourne les talons et repart le soir même, aussi rapidement qu’il est venu. A la PJ, on est prié de se presser. Les enquêteurs ont une obligation de résultat. Et que ça saute !